VOLUME 1, L’ÉDUCATION À LA MAISON

Titre original : Home Education Series – Volume 1. Home Education, by Charlotte Mason, Fifth Edition, 1906.

Cette édition de la série « L’éducation à la maison » a été traduite par Maeva Dauplay et Sylvie Bigant, © 2021.

Elle est protégée par les droits d’auteur de Charlotte Mason France, et ne peut être publiée ou copiée ailleurs sans l’autorisation expresse de www.charlottemason.fr.

Nous remercions la contribution, l’enthousiasme et les encouragements de toute la communauté Charlotte Mason francophone et en particulier : 

Cécile Brown, Céline Garcia, Elisabeth Vogels, Sarah Eisele, Aurore Valantin, Charlotte Roman, Amélie Rullier Charrier, Joana Beigbeder, Paule Boufferet, Eglantine Ben Mechichi et Olivia Fydji.

Index

PréfacePartie I : Quelques Considérations PréliminairesPartie II : La vie en plein air pour les enfants / Partie III : « Une habitude vaut dix natures » / Partie IV : Quelques habitudes d’esprit – Quelques habitudes morales / Partie V : Les leçons comme instruments d’éducation / Partie VI : La Volonté – La Conscience – La vie Divine chez l’enfant / Appendices

La série « L’éducation à la maison »

VOLUME I

L’Éducation à la Maison

Par

Charlotte M. Mason

 

L’Éducation des Enfants jusqu’à leur Neuvième Année

« O merveille ! telle qu’il l’avait cueillie, telle aussitôt renaquit l’humble plante, d’où il l’avait arrachée. »

Nous lisons dans le Purgatoire, Chant I., comment Virgile a été chargé de préparer Dante à sa difficile ascension :

« Va dunque, e fa che tu costui ricinghe

d’un giunco schietto, e che gli lavi il viso

si che ogni sucidume quindi stinghe:

······

Questa isoletta intorno ad imo ad imo,

laggiu, cola dove la batte l’onda,

porta de’ giunchi sopra il molle limo.

Null’ altra pianta, che facesse fronda

o indurasse, vi puote aver vita,

pero che alle percosse non seconda.

······

Venimmo poi in sul litro diserto,

······

Quivi mi cinse si come altrui piacque:

o maraviglia! che qual egli scelse

l’umile pianta, cotal si rinacque

Subitamente là onde la svelse. »

Va donc, et ceins deux fois celui-ci d’un jonc uni, et lave-lui le visage, de sorte que de toute souillure il soit nettoyé :

······ 

Cette petite île, basse tout autour, là-dessous où la bat l’onde, porte des joncs sur son humide limon. Nulle autre plante, qui pousse des feuilles ou se durcisse, n’y peut vivre, parce qu’elle ne ploie pas à la vague qui la frappe.

······

Après nous vînmes au rivage désert, 

······

Là, il me ceignit comme il plut à autrui. O merveille ! telle qu’il l’avait cueillie, telle aussitôt renaquit l’humble plante, d’où il l’avait arrachée.

Traduction de Félicité de Lamennais, 1855

Préface

Les perspectives éducatives sont plutôt brumeuses et déprimantes, tant dans notre pays qu’à l’étranger. Que la science devrait être l’aliment de base de l’éducation, que l’enseignement du latin, des langues modernes, des mathématiques devrait être réformé, que la nature et les travaux manuels devraient être mis au service de la formation de l’œil et de la main, que les garçons et les filles devraient apprendre à écrire l’anglais et devraient donc connaître l’histoire et la littérature ; et, d’autre part, que l’éducation devrait être rendue plus technique et plus utilitaire – là sont les lamentations opportunistes avec lesquelles nous prenons position. Mais nous n’avons pas de principe unificateur, pas de but défini ; en fait, pas de philosophie de l’éducation. De même qu’un cours d’eau ne peut s’élever au-dessus de sa source, il est probable qu’aucun effort éducatif ne peut s’élever au-dessus de l’ensemble de la pensée qui lui donne naissance ; et c’est peut-être la raison de toutes les chutes, absences, échecs et déceptions qui marquent nos résultats scolaires.

Ceux d’entre nous qui ont passé de nombreuses années à poursuivre la vision bienveillante et insaisissable de l’éducation perçoivent que leurs démarches sont réglementées par une loi, et c’est cette loi qui doit être encore évoquée. Nous pouvons en discerner les contours, mais pas plus. Nous savons qu’elle est omniprésente ; il n’y a aucun fragment de la vie de famille ou du travail scolaire d’un enfant que cette loi n’atteint pas. Elle éclaire aussi, montrant la valeur, ou le manque de valeur, de mille systèmes et expédients. Ce n’est pas seulement une lumière, mais une mesure qui pourvoit une norme par laquelle toute chose, petite ou grande, appartenant au travail éducatif, doit être testée. La loi est libérale, admettant tout ce qui est vrai, honorable et qui mérite l’approbation, et n’offre aucune limitation ou entrave sauf là où un excès risquerait de nuire. Et le chemin indiqué par la loi est continu et progressif, sans transition du berceau à la tombe, si ce n’est que la maturité prend la direction régulière dans laquelle l’immaturité a été entraînée. Nous trouvons sans doute, lorsque nous appréhendons la loi, que certains penseurs allemands – Kant, Herbart, Lotze, Froebel – ont raison ; que, comme ils disent, il est « nécessaire » de croire en Dieu ; que, par conséquent, la connaissance de Dieu est la connaissance principale, et le but ultime de l’éducation. Par sa nature nous saurons reconnaître cette loi parfaite de la liberté éducative lorsqu’elle sera mise en évidence. Il a été dit que « la meilleure idée que nous pouvons former de la vérité absolue est qu’elle est viable et qu’elle répond à toutes les conditions par lesquelles elle peut être testée ». Voici ce que nous attendons de notre loi : qu’elle soit confirmée par toutes les expériences et par toutes les investigations rationnelles. 

N’ayant pas reçu les tables de notre loi, nous nous rabattons sur Froebel ou sur Herbart ; ou, si nous appartenons à une autre école, sur Locke ou Spencer ; mais nous ne sommes pas satisfaits. Un mécontentement, est-ce un mécontentement divin ? nous accable ; et nous devrions certainement saluer une philosophie de l’éducation efficace et réalisable comme étant une délivrance face à beaucoup de perplexité. Avant que cette grande délivrance ne nous parvienne, il est probable que de nombreux efforts provisoires seront déployés, ayant plus ou moins les caractéristiques d’une philosophie ; notamment, avoir une idée centrale, un corps de pensée dont les membres travaillent en harmonie vitale.

Une telle théorie de l’éducation, qui n’a pas besoin de prendre soin de s’appeler un système de psychologie, doit être en harmonie avec les mouvements de pensée de l’époque ; elle doit considérer l’éducation, non pas comme un compartiment fermé, mais comme faisant partie de la vie autant que la naissance ou la croissance, le mariage ou le travail ; et elle doit laisser l’élève attaché au monde en plusieurs points de contact. Il est vrai que les pédagogues sont déjà désireux d’établir un tel contact dans plusieurs directions, mais leurs efforts reposent sur un axiome ici et une idée là, et il n’y a pas de base de pensée unificatrice assez large pour soutenir l’ensemble.

Les imbéciles se précipitent là où les anges ont peur de marcher ; et l’espoir qu’il puisse y avoir des efforts provisoires vers une philosophie de l’éducation, et que tous se rapprochent plus près du magnum opus, m’encourage à entreprendre une telle tentative. La pensée centrale, ou plutôt corps de pensée, que je pose, s’appuie sur le fait quelque peu évident que l’enfant est une personne avec toutes les possibilités et les pouvoirs inclus dans sa personnalité. Certains des membres qui se développent à partir de ce noyau ont été exploités de temps en temps par des pédagogues, et existent vaguement au sens commun, une notion ici, une autre là. Une thèse, peut-être nouvelle, selon laquelle l’Éducation est la Science des Relations, me semble résoudre la question des programmes scolaires, car elle montre que le but de l’éducation est de mettre un enfant au contact du vivant, autant qu’il peut l’être, avec la vie de la Nature et de la pensée. Ajoutez à cela une ou deux clés de la connaissance de soi, et le jeune instruit va de l’avant avec une idée de la gestion de soi, avec quelques objectifs et de nombreux intérêts vitaux. Mon excuse pour m’aventurer à proposer une solution, même provisoire et passagère, au problème de l’éducation, est double. Pendant trente à quarante ans, j’ai travaillé sans relâche à établir une théorie de l’éducation fonctionnelle et philosophique ; et ensuite, je suis parvenue à chaque article de la foi éducative que je propose par des processus inductifs ; et chacun a été, je pense, vérifié par une longue et vaste série d’expériences. C’est cependant avec une sincère timidité que j’ose proposer les résultats de ce long travail ; parce que je sais que, dans ce domaine, il y a beaucoup de travailleurs bien plus capables et experts que moi – les « anges » qui ont peur de marcher, si tremblant est le pied !

Mais, si ce n’est que pour encourager les autres, j’ajoute un bref synopsis de la théorie de l’éducation avancée dans les volumes de la série « L’éducation à la maison ».

Le traitement n’est pas méthodique mais fortuit ; un peu ici, un peu là, comme il me semblait le plus susceptible de répondre aux expériences des parents et des enseignants. Je dois ajouter qu’au cours de plusieurs années, les divers essais ont été préparés à l’intention du Parents’ National Education Union dans l’espoir que cette société puisse témoigner d’un ensemble plus ou moins cohérent de pensée éducative.

« La conséquence de la vérité est grande ; aussi, son jugement ne doit pas être négligent. »

Whichcote

1. Les enfants sont des personnes dès la naissance.

2. Ils ne naissent ni bons ni mauvais, mais avec le pouvoir de faire le bien ou le mal.

3. Les principes d’autorité d’une part et d’obéissance d’autre part sont naturels, nécessaires et fondamentaux ; mais —

4. Ces principes sont limités par le respect dû à la personnalité des enfants, à laquelle nous ne devons pas porter atteinte, que ce soit par l’usage direct de la peur ou de l’amour, de la suggestion ou de l’influence, ou en jouant de façon excessive sur leurs désirs naturels.

5.  Par conséquent, nous sommes limités à trois instruments éducatifs : l’atmosphère de l’environnement, la discipline des habitudes et la présentation d’idées vivantes.

6.  Lorsque nous disons que l’éducation est une atmosphère, nous ne voulons pas dire qu’un enfant doit être isolé dans ce que l’on peut appeler un « environnement enfantin », spécialement adapté et préparé, mais que nous devons tenir compte de la valeur éducative de l’atmosphère naturelle de son foyer, à la fois en ce qui concerne les personnes et les choses, et le laisser vivre librement dans ses propres conditions. Nous abrutissons un enfant en abaissant son monde à un niveau infantile.

7. Par l’éducation est une discipline, nous entendons la discipline des habitudes, formées de façon définitive et réfléchie, qu’il s’agisse d’habitudes de l’esprit ou du corps. Les physiologistes ont démontré que le cerveau s’adapte à nos pensées et c’est ce qui forme les habitudes.

8. Par l’éducation est une vie, nous sous-entendons les besoins de nourriture intellectuelle, morale et physique. L’esprit se nourrit d’idées, et les enfants devraient donc avoir un programme généreux.

9. Mais l’esprit n’est pas un réceptacle dans lequel les idées doivent être placées, chaque idée s’ajoutant à une « masse d’aperception » d’idées semblables, théorie sur laquelle repose la doctrine herbartienne.

10. Au contraire, nous considérons que l’esprit de l’enfant n’est pas un simple sac destiné à contenir des idées ; mais est plutôt, si vous permettez l’image, un organisme spirituel, avec un appétit pour toute connaissance. C’est l’alimentation appropriée pour l’esprit, celle qu’il est capable de prendre, digérer et assimiler comme le corps le fait avec des aliments.

11. Cette distinction est plus qu’un simple débat sur les mots employés. La doctrine herbartienne met le fardeau de l’éducation – la préparation des connaissances avec des morceaux alléchants, présentés dans l’ordre approprié – sur l’enseignant. Les enfants instruits selon ce principe risquent de recevoir beaucoup d’enseignements avec peu de connaissances ; et l’axiome de l’enseignant est : « Ce qu’un enfant apprend importe moins que la façon dont il l’apprend. »

12. Nous estimons que l’enfant normal a les pouvoirs d’esprit requis pour gérer toutes les connaissances qui lui sont propres. C’est pourquoi nous devons lui donner un programme complet et généreux, veillant seulement à ce que toutes les connaissances qui lui sont offertes soient vivantes, c’est-à-dire que les faits ne soient pas présentés sans leur contexte. De cette conception vient le principe selon lequel, —

13. L’éducation est la science des relations ; c’est-à-dire qu’un enfant a des relations naturelles avec un grand nombre de choses et de pensées : nous le formons donc à l’aide d’exercices physiques, de nature, de travaux manuels, de science et d’art, et de nombreux livres vivants, car nous savons que notre responsabilité n’est pas de tout lui apprendre sur tout, mais de l’aider à valider autant que possible

« les affinités innées,

qui modèlent notre nouvelle existence aux choses existantes. »

14. Il existe aussi deux secrets de l’autogestion morale et intellectuelle qui devraient être offerts aux enfants ; nous pouvons les appeler la Voie de la Volonté et la Voie de la Raison.

15. La Voie de la Volonté. – Il faut enseigner aux enfants
(a) À faire la distinction entre « je veux » et « je ferai ». 
(b) Que la voie de la volonté, pour être efficace, doit se détourner des pensées qui tendent vers ce que nous désirons, mais que nous ne devrions pas faire. 
(c) Que la meilleure façon de détourner nos pensées est de penser ou de faire quelque chose de très différent, divertissant ou intéressant. 
(d) Qu’après ce moment de repos, la volonté reprendra son travail avec une vigueur nouvelle. (La diversion est une aide à la volonté dont la fonction est de nous soulager, pendant un moment, de l’effort de la volonté, afin que nous puissions « vouloir » à nouveau avec une force renouvelée. L’utilisation de la suggestion comme aide à la volonté est déconseillée car elle tend à saper et à stéréotyper le caractère. Il semblerait que la spontanéité soit une condition du développement et que la nature humaine ait autant besoin de la discipline de l’échec que de celle du succès.) 

16. La Voie de la Raison. – Nous devons aussi enseigner aux enfants à ne pas « s’appuyer » (avec trop d’assurance) « sur leur sagesse », car la raison a pour fonction de faire une démonstration logique : 
(a) de la vérité mathématique ; 
(b) d’une idée initiale, acceptée par la volonté. 

Dans le premier cas, la raison est pratiquement un guide infaillible, mais dans le second, elle n’est pas toujours sûre ; car, que cette idée soit bonne ou mauvaise, notre raison la confirmera en utilisant des preuves irréfutables.

17. Par conséquent, les enfants devraient apprendre, lorsqu’ils ont atteint la maturité nécessaire pour bénéficier de cet enseignement, que la principale responsabilité qui leur incombe en tant que personnes est l’acceptation ou le rejet des idées. 

Pour les aider dans ce choix, nous leur donnons des principes de conduite et un large éventail de connaissances qui leur sont adaptées. 

Ces trois principes (15, 16 et 17) devraient épargner aux enfants certaines des réflexions et des actions irréfléchies qui mènent la plupart d’entre nous à un niveau de vie inférieur à celui dont nous avons besoin.

18. Nous ne devrions permettre aucune séparation entre la vie intellectuelle et la vie spirituelle des enfants, mais devrions leur enseigner que l’Esprit divin a un accès constant à leur esprit et qu’il est leur soutien continu dans tous les intérêts, devoirs et joies de la vie.

La série « L’éducation à la maison » est ainsi nommée d’après le titre du premier volume, et non comme traitant, entièrement ou principalement, de « la maison » par opposition à « l’école ».

Cette traduction est protégée par les droits d’auteur de www.charlottemason.fr

Préface à la quatrième édition

Dans le présent volume, je me propose de suggérer aux parents et aux enseignants une méthode d’enseignement reposant sur une loi naturelle ; et de traiter, à cet égard, des devoirs de la mère envers ses enfants. En m’aventurant à parler de ce dernier sujet, je le fais avec la plus grande déférence envers les mères, croyant que, selon les mots d’un sage enseignant des hommes : « la femme reçoit de l’Esprit de Dieu lui-même, les intuitions sur le caractère de son enfant, la capacité d’apprécier sa force et sa faiblesse, la faculté d’encourager l’une et de soutenir l’autre, ce dans quoi réside le mystère de l’éducation, en dehors de laquelle toutes ses règles et mesures sont totalement vaines et inefficaces. » [Rev. F. D. Maurice] Mais dans la mesure où une mère a cette intuition particulière concernant ses propres enfants, elle ressentira, je pense, son besoin de connaître les principes généraux de l’éducation, fondés sur la nature et les besoins de tous les enfants. Et cette connaissance de la science de l’éducation, même la meilleure des mères ne l’obtiendra pas d’en haut, vu que nous ne recevons pas souvent en cadeau ce que nous avons les moyens d’obtenir par nos propres efforts. 

J’ose espérer que les professeurs de jeunes enfants pourront également trouver ce volume utile. Cette période de la vie d’un enfant entre sa sixième et sa neuvième année devrait être utilisée pour poser les bases d’une éducation libérale, et prendre l’habitude de lire pour s’instruire. Au cours de ces années, l’enfant devrait entrer dans le domaine de la connaissance, dans un grand nombre de directions, d’une manière reposante et consécutive, ce qui ne peut être atteint par le moyen quelque peu excitant des leçons orales. J’espère en tout cas que les enseignants trouveront cette nouvelle approche des « sujets conventionnels d’instruction » appropriée aux jeunes enfants à tout prix intéressants et stimulants ; et que peut-être les méthodes de cette nouvelle approche pourront se révéler parlantes et utiles.

L’objet particulier de ce volume, en tant que partie de la série « L’éducation à la maison », est de montrer l’influence de la physiologie des habitudes sur l’éducation ; pourquoi certaines habitudes physiques, intellectuelles et morales sont un atout précieux pour un enfant, et ce qui peut être fait pour former de telles habitudes. Je vous prie de reconnaître ma dette envers l’œuvre du Dr Carpenter, Principles of Mental Physiology, pour son enseignement précieux sur le sujet des habitudes, contenu dans deux ou trois chapitres de cet ouvrage. Je voudrais également renouveler mes remerciements aux amis médecins qui ont révisé avec soin et compétence les parties de cette œuvre qui reposent sur une base physiologique.

Je dois ajouter qu’il y a une vingtaine d’années (1885), la plus grande partie de ce volume a été livrée sous forme de « Conférences aux dames », forme sous laquelle les articles ont été initialement publiés (1886) sous un titre qui est toujours conservé. Les conférences VII et VIII et l’appendice du volume d’origine ont été transférés dans d’autres volumes de la série. Le tout a été révisé très soigneusement et beaucoup de nouveautés ont été introduites, en particulier dans la partie V, « Les leçons comme instruments d’éducation », partie qui offre maintenant une introduction assez complète aux méthodes d’enseignement des matières adaptées aux enfants âgés de six à neuf ans.

Le reste du volume tente de traiter de l’ensemble de l’éducation, de la petite enfance à la neuvième année de vie.

C. M. MASON

SCALE HOW, AMBLESIDE,
1905.

Cette traduction est protégée par les droits d’auteur de www.charlottemason.fr

Sommaire

Quelques considérations préliminaires

Les enfants sont un bien public – Les mères doivent un « amour réfléchi » à leurs enfants – La formation des enfants est « terriblement défectueuse » – Comment les parents procèdent habituellement.

1. Une méthode d’éducation

Les méthodes traditionnelles d’éducation – La méthode est un moyen de parvenir à une fin – Un système plus facile qu’une méthode.

2. La place de l’enfant

L’enfant placé au milieu – Code de l’éducation dans les Évangiles.

3. Scandaliser les enfants

Offenses – Les enfants sont nés respectueux des lois – Ils doivent se rendre compte que leurs Gouverneurs sont soumis à la Loi – Les parents peuvent offenser leurs enfants en ignorant les Lois de la santé – Et de la vie intellectuelle – Et de la vie morale.

4. Mépriser les enfants

L’enfant devrait recevoir le meilleur de sa mère – « Nourrice. » – Les défauts des enfants sont graves.

5. Empêcher les enfants

La relation d’un enfant avec Dieu tout-puissant – Théologie de la nurserie.

6. Les conditions d’une activité cérébrale saine

Tout travail de l’esprit induit l’usage du cerveau – L’exercice – Le repos – Le repos après les repas – Le changement d’activité – La nourriture – Certaines raisons affectent la qualité du sang – A propos des repas – La discussion pendant les repas – Des repas variés – L’air aussi important que la nourriture – Les enfants marchent tous les jours – L’oxygénation a ses limites – L’air non renouvelé – « Je nourris Alice avec du bouillon de bœuf » – La ventilation intérieure – La ventilation – L’air sain de la nuit – Du soleil – La transpiration libre – La transpiration imperceptible – Le bain quotidien et les vêtements perméables.

7. « Le règne de la loi » dans l’éducation

Le bon sens et les bonnes intentions – Les vies respectueuses des lois sont souvent plus irréprochables que les vies pieuses – L’esprit et la matière sont régis par la loi de façon égale – L’antagonisme à la loi montré par certaines personnes religieuses – Les parents doivent se familiariser avec les principes de la physiologie et de la science morale.

 

Partie II – La vie en pleine air pour les enfants

1. Le temps de la pleine croissance

Les repas à l’extérieur – Pour les habitants des villes et des banlieues – Les possibilités d’une journée en plein air – Pas de livres d’histoires.

2. Visites et excursions

Comment voir – Les applications éducatives des excursions – L’observation discriminante.

3. « Peindre une image »

La méthode – S’exercer à être attentif – Voir pleinement et en détail – Un moyen de réconfort et de ressourcement.

4. Fleurs et arbres

Les enfants devraient connaître les grandes cultures – Les fleurs des champs et le cycle biologique des plantes – L’étude des arbres – Suivre les saisons – Leigh Hunt sur les fleurs – Les calendriers – Le journal de la nature – « Je ne peux pas m’arrêter de penser. »

5. Les « créatures vivantes »

Un domaine d’intérêt et de plaisir – Les enfants devraient être encouragés à observer – La force de l’opinion publique à la maison – Ce que les enfants des villes peuvent faire – La connaissance de la nature est la plus importante pour les jeunes enfants – La formation de l’esprit naturaliste chez l’enfant – L’apprentissage de la nature est particulièrement précieux pour les filles.

6. La connaissance de la nature par son observation directe et par les livres des naturalistes

Respecter la vie – Établir une première classification par un contact direct avec la nature – L’utilité des livres de naturalistes – Les mères et les professeurs devraient avoir une bonne connaissance de la nature.

7. L’enfant apprend avec tous ses sens

Les leçons de la nature – Trop de pression – Les leçons de choses – Un enfant apprend à partir de « choses » – Le sens de la beauté vient du contact précoce avec la nature – La plupart des adultes perdent l’habitude d’observer.

8. L’enfant doit se familiariser avec les objets naturels

Un enfant observateur doit être mis sur le chemin des choses qui méritent d’être observées – Chaque objet naturel fait partie d’un enchaînement – Le pouvoir va passer de plus en plus entre les mains des scientifiques – L’intimité avec la nature contribue au bien-être personnel.

9. La géographie en extérieur

Les petites choses peuvent enseigner les grandes – Géographie illustrée – La position du Soleil – Nuages, pluie, neige et grêle – La direction – L’est et l’ouest – S’entraîner à trouver la direction – Exercice avec la boussole – Les limites – Les plans – Géographie locale.

10. L’enfant et Mère-Nature

La mère doit s’abstenir de trop parler – Faire une nouvelle connaissance – Deux choses que la mère peut faire.

11. Jeux extérieurs, etc.

La leçon de français – Les jeux bruyants – Les « rondes » – La corde à sauter et le jeu du volant – L’escalade – Les vêtements.

12. Promenades par mauvais temps

Les promenades d’hiver sont aussi nécessaires que les promenades d’été – Les plaisirs liés au gel et à la neige – Les observations hivernales – L’habitude de l’attention – Randonnées par temps humide – Vêtements d’extérieur adaptés – Les précautions.

13. Vie de « Peaux rouges »

Le scoutisme – La traque des oiseaux.

14. Les enfants ont besoin de l’air de la campagne

La proportion essentielle d’oxygène – L’excès de gaz carbonique – L’air non vicié et non appauvri – La lumière du soleil – Un idéal physique pour un enfant.

1. Une éducation basée sur la loi naturelle

Un cerveau sain – La vie en plein air – L’habitude est l’instrument avec lequel travaillent les parents.

2. Les enfants n’ont aucun pouvoir d’auto-discipline

Un cul-de-sac éducatif – L’amour, le droit et la religion en tant que forces éducatives – Pourquoi les enfants sont incapables d’effort constant – Les enfants devraient être épargnés de l’effort de décision.

3. Qu’est-ce que la « Nature » ?

Toutes les personnes naissent avec les mêmes désirs primaires – Et les affections – Le contenu de la notion la plus élémentaire de la nature humaine – La nature plus l’hérédité – Plus les conditions physiques – La nature humaine est la somme de certains attributs – L’enfant ne doit pas être laissé à sa nature humaine – Le problème pour l’éducateur – La grâce divine s’exerce sur les lignes de l’effort humain – La confiance des parents ne doit pas être passive.

4. L’habitude peut supplanter la « Nature »

« Une habitude vaut dix natures. » – L’habitude suit les lignes de la nature – Mais l’habitude peut être un levier – Une mère crée involontairement les habitudes de ses enfants – L’habitude force la nature à emprunter de nouvelles voies – Les parents et les enseignants doivent établir des lignes d’habitude.

5. Établir des lignes d’habitude

« Commencez, et la chose sera terminée ! » – Nous pensons, comme nous avons l’habitude de penser – Direction des lignes d’habitude – Habitude et libre-arbitre – L’habitude régit quatre-vingt-dix-neuf pour cent de nos pensées et de nos actes – L’habitude est puissante même lorsque la volonté décide.

6. La physiologie de l’habitude

Les tissus en croissance se forment à des modes d’action – C’est pourquoi les enfants devraient apprendre à danser, à nager, etc, dès leur plus jeune âge – Les habitudes morales et mentales marquent les tissus physiques – Des trains de pensée persistants – Régénération continue du tissu cérébral – Des actions réflexes artificielles peuvent être acquises – L’éducation intellectuelle et morale – Le caractère affecté par la modification acquise du tissu cérébral – L’influence extérieure.

7. Former une habitude – « Ferme la porte derrière toi »

« Fais la chose suivante. » – L’habitude est un plaisir en soi – Tact, vigilance, et persévérance – Les étapes de la formation d’une habitude – La phase dangereuse.

8. Les « habitudes » de l’enfant en bas âge

Quelques branches de l’éducation des enfants en bas âge – Un nez sensible – Le bébé est omniprésent – La propreté personnelle comme habitude précoce – La décence et la pudeur – L’habitude d’obéissance et le sens de l’honneur – L’ordre est essentiel – L’enfant de deux ans devrait ranger ses jouets – Le soin est semblable à l’ordre – La régularité – Les habitudes de temps et de lieu.

9. Les exercices physiques

L’importance de la routine quotidienne – Leur donner des exercices de bonnes manières – La formation de l’oreille et de la voix – La formation musicale – Laissez les enfants tranquilles.

Une science de l’éducation – La formation des habitudes favorise une vie facile – S’entraîner à l’habitude devient une habitude – Les habitudes inspirées par l’atmosphère du foyer.

1. L’habitude de l’attention

Un esprit à la merci des associations – L’attention errante – L’habitude de l’attention doit être cultivée chez le nourrisson – L’attention portée aux « choses » ; les mots lassent – Des leçons attrayantes – L’emploi du temps ; un travail précis dans un temps donné – Une récompense naturelle – L’émulation – L’affection comme motif – L’attrait de la connaissance – Qu’est-ce que l’attention ? – L’autodiscipline – Le secret de la pression excessive – Les devoirs à la maison des écoliers – Un traitement sain à la maison pour les rêveurs – Les récompenses et les punitions devraient être des conséquences relatives à la conduite – Conséquences naturelles et éducatives.

2. Les habitudes d’application, etc.

Effort mental rapide – Le zèle doit être stimulé.

3. L’habitude de réfléchir et de penser.

Les opérations « un lion ! » incluses dans la pensée.

4. L’habitude d’imaginer

Le sens de l’incongru – Histoires ordinaires ; histoires imaginaires – L’imagination et les grandes conceptions – L’imagination grandit – Penser s’acquiert par la pratique.

5. L’habitude de se souvenir

Se souvenir et se rappeler – Une mémoire « fallacieuse » – La mémoire, un enregistrement dans le cerveau – Réalisé dans quelles conditions – Se rappeler et la loi d’association – Chaque leçon doit rappeler la précédente – La puissance d’enregistrement du cerveau n’a aucune limite – Mais les liens d’association sont une condition pour se rappeler.

6. L’habitude d’une exécution parfaite

L’habitude de produire un travail imparfait – Un enfant doit réaliser une exécution parfaite.

7. Quelques habitudes morales – L’obéissance

Le devoir tout entier d’un enfant – L’obéissance n’est pas un devoir accidentel – Les enfants doivent avoir le désir d’obéir – Escompter l’obéissance – La loi assure la liberté.

8. L’honnêteté

Trois causes du mensonge : toutes vicieuses – Un seul type de mensonge est reproché aux enfants – L’exactitude de la déclaration – L’exagération et les embellissements ridicules – La révérence, etc. – Le tempérament, inné chez un enfant – Pas un tempérament, mais une tendance – Les parents doivent corriger la tendance par une nouvelle habitude de tempérament – Changer les pensées de l’enfant.

1. Le sujet et la méthode des leçons

Les parents doivent réfléchir au programme d’instruction – La maison est le meilleur endroit où grandir pour les jeunes enfants – Trois questions pour la mère – Les enfants apprennent pour grandir – Théorie sur la connaissance – Les enfants apprennent pour avoir des idées – Les idées poussent et produisent selon leur nature – Scott et Stephenson ont travaillé avec des idées – La valeur des idées dominantes – Les leçons doivent fournir des idées – Les enfants apprennent pour acquérir des connaissances – La connaissance diluée – Les connaissances du Dr Arnold lorsqu’il était enfant – La littérature appropriée pour les enfants – Quatre tests à appliquer aux leçons des enfants – Résumé des six points déjà examinés.

2. Le jardin d’enfants comme lieu d’éducation

La mère est la meilleure des Jardinières – La nurserie ne doit donc pas nécessairement être un jardin d’enfants – Le champ des connaissances est trop circonscrit – La formation d’un œil juste et d’une main fidèle – « Douceur et lumière » au jardin d’enfants.

3. Réflexion supplémentaire sur le jardin d’enfants

L’enfance de Tolstoï – « L’histoire d’un enfant. » – Ce que nous devons à Froebel – Les exigences d’une personne – La Nature comme éducatrice – Le danger de sous-estimer l’intelligence des enfants – Nous aimons tous être divertis – Les enseignants font trop de médiation – Le danger du magnétisme personnel – Le « Jardin d’enfants », une fausse analogie – « Les chants de la mère ou les causeries de la mère » sont trop fatigants pour un enfant – La compagnie de ses pairs est trop stimulante pour un enfant – Il est dangereux de supplanter la nature – L’importance de l’initiative personnelle – Les parents et les enseignants doivent semer des opportunités – Les enfants « uniques » – Il faut permettre à l’enfant de mettre un peu d’ordre dans sa vie – Helen Keller – Mlle Sullivan sur les systèmes d’éducation – Le jardin d’enfants aux États-Unis – M. Thistleton Mark sur le sujet du jardin d’enfants – Dr Stanley Hall sur le jardin d’enfants.

4. La lecture

Le bon moment pour enseigner la lecture, une question ouverte – Le programme de Mme Wesley – L’alphabet – La création de mots – La création de mots avec des voyelles longues, etc. – L’orthographe précoce – La lecture à vue – La lecture de prose – Une prononciation soignée – Le travail d’une année – La méthode ordinaire.

5. La première leçon de lecture

(Deux mères se concertent)

6. La lecture par la vue et le son

Apprendre à lire est un travail difficile – Connaître des symboles arbitraires – Ces symboles devraient être intéressants – La première leçon de Tommy – Les étapes – Lire des phrases – La deuxième leçon de Tommy – Les mots inconnus – Des combinaisons identiques ont des sons différents – La formation morale dans les leçons de lecture.

7. La récitation

L’art des enfants – Mémoriser.

8. La lecture pour les enfants plus âgés

L’habitude de lire – La lecture à haute voix – Restriction – Lire aux enfants – Les questions sur le sujet – Les livres de leçons – Les habitudes d’inattention et de négligence – Une articulation négligée.

9. L’art de la narration

Les enfants sont des narrateurs naturels – Ce pouvoir devrait être utilisé dans leur éducation – La méthode de la leçon.

10. L’écriture

Un accomplissement parfait – La copie – Les étapes de l’enseignement – La taille de l’écriture – Une « Nouvelle Écriture » – Comment faire.

11. La transcription

La valeur de la transcription – Les enfants devraient transcrire leurs passages préférés – Moyenne écriture, Double ligne – La position pour écrire – Le bureau – La table pour les enfants.

12. L’orthographe et la dictée

La principale cause d’une mauvaise orthographe – La raison d’être de l’orthographe – Les étapes d’une leçon de dictée.

13. La composition

L’essai de George Osborne – Une futilité éducative – Des leçons de composition – Un tel enseignement est un danger public – La « composition » vient naturellement.

14. Les leçons bibliques

Les enfants aiment la Bible – Ils devraient connaître le texte de la Bible – Une vérité essentielle et accidentelle – La méthode des leçons bibliques – Les illustrations – Les récitations bibliques.

15. L’arithmétique

La valeur éducative de l’arithmétique – Des problèmes à la portée de l’enfant – Démontrer – Les problèmes – La notation – Les poids et les mesures – L’arithmétique est un moyen pour former les habitudes – L’ABC Arithmetic – La préparation aux mathématiques.

16. La philosophie naturelle

Une base de faits – « Différence entre voir et observer » – Les principes -Être compris par les enfants – Enseigner dans une école de village.

17. La géographie

Comment est-elle communément enseignée ? – La géographie devrait être intéressante – Comment commencer – Et ensuite ? – Les cartes – Quelles connaissances générales un enfant de neuf ans devrait-il avoir . – Les connaissances particulières – Les définitions – Les idées fondamentales – La signification d’une carte. 

18. L’histoire

Un réservoir d’idées – Les « grandes lignes » perfides – Il en va de même pour la plupart des livres d’histoire écrits pour les enfants – L’histoire ancienne d’une nation est mieux adaptée aux enfants – Quelques vieilles chroniques – L’âge des mythes – Les Vies de Plutarque – Les livres d’histoire – Les dates – Les illustrations des enfants – « Jouer à » l’histoire.

19. La grammaire

La grammaire est difficile à étudier – La grammaire latine – La grammaire anglaise est une étude logique – Deux leçons de grammaire.

20. Le français

La méthode de M. Gouin – Les « séries » – Comment l’enfant apprend-il ?

21. L’art pictural

L’étude des œuvres – La régularité – Discussion sur les œuvres d’art – Les illustrations originales – Les leçons de dessin – Les enfants ont « l’art » en eux – Le modelage à l’argile – Le piano et le chant – Les travaux manuels et les exercices rythmés.

1. La volonté

Le gouvernement de Mansoul – Le pouvoir exécutif est dévolu à la volonté – Qu’est-ce que la volonté ? – Des personnes peuvent traverser la vie sans acte délibéré de volonté – Le caractère est le résultat d’une conduite régulée par la volonté – Les trois fonctions de la volonté – Une limite de la volonté ignorée par certains romanciers – Les parents commettent cette maladresse métaphysique – L’entêtement indique un manque de volonté – Qu’est-ce que l’entêtement ? – La volonté a des fonctions supérieures et inférieures – La volonté n’est pas une faculté morale – Une volonté disciplinée est nécessaire au caractère chrétien héroïque – L’unique faculté pratique de l’homme – Comment opère la volonté – La voie de la volonté, les motivations – La diversion – Se changer les idées – La voie de la volonté devrait être enseignée aux enfants – Le pouvoir de la volonté implique le pouvoir de l’attention – L’habitude peut frustrer la volonté – L’utilisation raisonnable d’un instrument aussi efficace – Comment renforcer la volonté – L’habitude d’autogestion – L’éducation de la volonté est plus importante que celle de l’intellect.

2. La conscience

La conscience est juge et législateur – Je suis, je devrais, je peux, je ferai – L’inertie des parents n’est pas compensée par la grâce divine – La conscience n’est pas un guide infaillible – Un vrai pouvoir – Ce sens spirituel par lequel nous connaissons le bien et le mal – La conscience d’un enfant est une capacité non développée plutôt qu’une autorité suprême – La conscience non instruite – Le processus d’une décision consciencieuse – Une conscience bien instruite se trompe rarement – La bonne conscience d’un enfant – Les enfants jouent avec les questions morales – La Bible, principale source d’idées morales – Les histoires fixent l’attention sur la conduite – L’ignorance de la conscience d’un enfant – Former la conscience, la bonté – La conscience rendue efficace grâce à la discipline.

3. La vie divine chez l’enfant

L’intime pulsation de la machine – Les parents ont un certain pouvoir pour introniser le Roi – Les fonctions et la vie de l’âme – Qu’est-ce que la vie de l’âme ? – Le parent doit présenter l’idée de Dieu à l’âme de l’enfant – Nous ne devons pas faire d’efforts maladroits – Dieu présenté aux enfants comme un exacteur et un punisseur – Les parents doivent choisir des idées inspirantes – Nous ne devons enseigner que ce que nous connaissons – Des idées vitales et appropriées – La connaissance de Dieu est distincte de la moralité – Les moments et la manière de l’instruction religieuse – La lecture de la Bible – Père et Donneur – L’essence du christianisme est la loyauté envers une personne – La demeure du Christ.

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Partie I

Quelques considérations préliminaires

Le désir croissant de travailler qui se manifeste chez les femmes éduquées n’est pas le moindre des signes du statut supérieur qu’elles ont acquis. La société a besoin du travail de ces femmes ; et actuellement, alors que l’éducation se généralise, nous allons voir toutes les femmes capables de travailler rejoindre les rangs des travailleuses, avec des tâches bien définies, des horaires fixes, et en guise de salaire, le plaisir et l’honneur de faire un travail utile si elles n’ont pas besoin de gagner de l’argent.

Les enfants sont un bien public. – Or, le travail qui a le plus d’importance pour la société, c’est l’éducation et l’instruction des enfants ; à l’école, certes, mais encore plus à la maison, car ce sont les influences familiales exercées sur l’enfant qui, plus que toute autre chose, déterminent le caractère et la carrière de l’homme ou de la femme en devenir. C’est une chose merveilleuse d’être parent : il n’y a aucune promotion, aucun honneur, qui puisse être comparé à cela. Les parents d’un seul enfant peuvent chérir ce qui sera une bénédiction pour le monde entier. Mais alors, chargés d’une telle responsabilité, ils ne sont pas libres de dire : « Je peux faire ce que je veux avec le mien. » En vérité, les enfants doivent être considérés moins comme une propriété personnelle que comme un bien public, mis entre les mains des parents pour qu’ils en tirent le meilleur pour le bien de la société. Et cette responsabilité n’est pas partagée équitablement entre les parents : c’est sur les mères d’aujourd’hui que l’avenir du monde repose, dans une plus grande mesure encore que sur les pères, car ce sont les mères qui ont la charge unique des premières années des enfants, années qui sont les plus influençables. C’est pourquoi nous entendons si souvent parler de grands hommes qui ont eu de bonnes mères, c’est-à-dire des mères qui ont élevé elles-mêmes leurs enfants et qui n’ont pas confié la plus importante de leurs responsabilités à des personnes indifférentes.

Les mères doivent un « amour réfléchi » à leurs enfants. – « La mère est qualifiée, dit Pestalozzi, et qualifiée par le Créateur Lui-même, pour devenir l’agent principal dans le développement de son enfant ; … et ce qui est exigé d’elle est – un amour réfléchi… Dieu a donné à l’enfant toutes les facultés de notre nature, mais la question la plus importante demeure incertaine – comment ce cœur, cette tête, ces mains seront-ils employés ? Au service de qui seront-ils dédiés ? Une question dont la réponse entraîne un avenir de bonheur ou de souffrance pour une vie qui vous est si chère. L’amour maternel est le premier agent de l’éducation. »

Nous nous éveillons à nos devoirs et, à mesure que les mères deviendront plus instruites et plus efficaces, elles ressentiront sans doute d’autant plus fortement qu’il est difficile de confier à d’autres mains que les leurs l’éducation de leurs enfants au cours des six premières années de leur vie. Et elles en feront leur profession – c’est-à-dire avec la diligence, la régularité et la ponctualité que les hommes accordent à leur travail professionnel.

Pour que la mère sache de quoi elle parle, qu’elle soit bien préparée à son travail, elle devrait avoir plus qu’une connaissance par ouï-dire de la théorie de l’éducation et des conditions de la nature de l’enfant sur lesquelles repose cette théorie.

La formation des enfants est « terriblement défectueuse ». – « La formation physique, morale et intellectuelle des enfants, dit M. Herbert Spencer, est terriblement défectueuse. Et il en est ainsi dans une large mesure parce que les parents sont dépourvus des connaissances qui pourraient les guider dans cette formation. A quoi faut-il s’attendre lorsque l’un des problèmes les plus complexes est entrepris par ceux qui ont à peine réfléchi au principe dont dépend sa solution ? Il faut un long apprentissage pour devenir cordonnier, pour bâtir une maison, pour diriger un navire, pour conduire une locomotive. Le développement du corps et de l’esprit d’un être humain est-il donc un processus si simple que n’importe qui peut le superviser et le réguler sans aucune préparation ? Si ce n’est pas le cas – si le processus est, à une exception près, plus complexe que n’importe quel autre dans la nature, et que la tâche de s’en occuper est d’une difficulté extrême, n’est-ce pas de la folie que de ne point se préparer à une telle tâche ? Mieux vaut sacrifier des accomplissements que d’omettre cette instruction essentielle. […] Il est indispensable de connaître les premiers principes de la physiologie, et les vérités élémentaires de la psychologie, si l’on veut élever convenablement les enfants. […] Voici les faits indiscutables : le développement physique et intellectuel des enfants est soumis à des lois ; si les parents ne se conforment pas dans une certaine mesure à ces lois, la mort est inévitable ; à moins qu’ils ne s’y conforment dans une large mesure, il en résultera de sérieux défauts corporels et moraux ; ce n’est que lorsqu’ils s’y conforment entièrement que les enfants parviennent à la maturité parfaite. Jugez donc si tous ceux qui seront un jour parents ne devraient pas s’efforcer ardemment d’apprendre ce que sont ces lois. »

Comment les parents procèdent habituellement. – Le parent commence instinctivement en considérant son enfant comme une tablette vierge, et il est rempli de grandes résolutions quant à ce qu’il doit y écrire. Peu à peu, des traits de caractère apparaissent, l’enfant a ses propres petites manières ; et, au début, chaque nouvelle démonstration de personnalité est une délicieuse surprise. Que le nourrisson manifeste du plaisir à la vue de son père, que son visage s’emplisse de sympathie pour sa mère, doit toujours être merveilleux pour nous. Mais l’émerveillement s’estompe ; ses parents se sont habitués quand vient le jour où l’enfant se montre comme un être humain à part entière, comme eux, avec des affections, des désirs, des pouvoirs ; s’intéressant à son livre, peut-être, comme un poisson dans l’eau ; ou appréciant les jeux qui feront de lui un homme. L’idée de tout faire pour l’enfant avec laquelle les parents ont commencé s’éloigne progressivement. Dès qu’il montre qu’il a trouvé sa propre voie, il est encouragé à la suivre. Le père et la mère n’ont pas de plus grand plaisir que de voir s’épanouir l’individualité de leur enfant comme une fleur qui se déploie. Mais Othello perd son occupation. Plus l’enfant façonne sa propre voie, moins les parents trouvent à faire, au-delà de lui donner de la nourriture convenable, que ce soit de l’amour, ou une pensée, ou à manger et à boire. Et ici, nous pouvons remarquer que les parents ont seulement besoin d’approvisionner ; l’enfant sait assez bien s’approprier ce qu’on lui donne. Le principal souci des parents est que ce qu’ils fournissent soit sain et nourrissant, qu’il s’agisse de livres d’images, de leçons, de camarades de jeu, de pain et de lait, ou d’amour maternel. C’est l’éducation telle que la conçoivent la plupart des parents, avec plus de viande, plus d’amour, plus de culture, selon chacun. Ils laissent leurs enfants tranquilles, permettant à la nature humaine de se développer sur ses propres lignes, modifiées par les faits du milieu et de la descendance.

Rien ne pourrait être meilleur pour l’enfant que cette « inactivité magistrale », aussi longtemps qu’elle convienne. Il est bon de le laisser grandir et de l’aider à grandir selon sa nature ; et tant que les parents n’interviennent pas pour le gâter, il y a beaucoup de bien et aucun mal évident à le laisser tranquille. Mais cette philosophie du « laisser faire », bien qu’elle couvre une partie, ne couvre pas la partie sérieuse de la vocation parentale ; elle ne couvre pas les efforts incessants et ardus sur les lignes de la loi qui poussent un être humain au meilleur de lui-même.

Rien n’est trivial en ce qui concerne un enfant ; ses mots et ses manières, insensés en apparence, sont porteurs de sens pour les sages. C’est dans l’infiniment petit que nous devons étudier l’infiniment grand ; et les vastes possibilités, ainsi que la bonne direction de l’éducation, sont indiquées dans le livre ouvert des pensées du petit enfant.

Il y a une génération, un grand maître parmi nous ne se lassait pas de répéter que, dans le plan Divin, « la famille est l’unité de la nation » : non pas l’individu, mais la famille. Il y a beaucoup d’enseignements dans cette phrase, mais ce n’est qu’en surface ; le tout est plus grand que la partie, le tout contient la partie, possède la partie, ordonne la partie ; et ceci étant, les enfants sont la propriété de la nation, pour être élevés comme il convient pour la nation, et non selon les caprices de chaque parent. La loi est faite pour punir ceux qui font le mal et pour louer ceux qui font le bien ; ainsi, en pratique, les parents ont toute liberté de manœuvre ; mais il est aussi bon de se rappeler que les enfants sont un bien national dont l’éducation est l’affaire de tous – même des personnes célibataires et sans enfants dont le rôle dans le jeu, plutôt ennuyeux, consiste à « regarder ».

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1. Une méthode d’éducation

Les méthodes traditionnelles d’éducation. – Jamais il n’a été plus nécessaire pour les parents d’affronter eux-mêmes cette question de l’éducation dans tous ses aspects. Jusqu’à présent, les enfants ont été principalement élevés avec des méthodes traditionnelles. L’expérience de nos ancêtres, contenue dans un grand nombre de maximes éducatives, est transmise de bouche en bouche ; et quelques-unes ou plusieurs de ces maximes forment le code éducatif de chaque foyer.

Mais nous n’avons guère conscience de la révolution complète que les progrès de la science opèrent dans la théorie de l’éducation. Les traditions des anciens ont été éprouvées et jugées insuffisantes ; il faudra du temps avant que les axiomes de la nouvelle école deviennent monnaie courante ; et, en attendant, les parents sont livrés à leurs propres ressources, et doivent absolument évaluer les principes d’éducation et adopter une méthode d’éducation pour eux-mêmes.

Par exemple, selon l’ancien code, une mère pouvait utiliser sa pantoufle de temps en temps, à bon escient et sans être blâmée ; mais maintenant, la personne de l’enfant est, à tort ou à raison, considérée comme sacrée et infliger de la douleur à des fins morales est généralement désapprouvé.

De même, l’ancienne règle pour la table des enfants était : « le plus simple est le mieux, et laissez la faim être la sauce » ; à présent, le régime des enfants doit être au moins aussi nourrissant et aussi varié que celui de leurs aînés ; et l’appétit, l’envie pour certains types de nourriture, jusqu’ici considérée comme une tendance vicieuse qui devait être réprimée, est maintenant, dans certaines limites, le guide le plus fiable des parents dans l’organisation d’un régime alimentaire pour leurs enfants.

L’ancien régime avait pour principe d’apprendre aux enfants à supporter les difficultés. « Je ne deviendrai jamais un marin si je ne peux pas affronter le vent et la pluie », dit un petit garçon de cinq ans emmené par une nuit glaciale assister à une procession aux flambeaux et qui, tremblant de froid, refusa un abri. De nos jours, l’abri est tout ; les enfants ne doivent pas être exposés à la fatigue ou au froid. 

Que les enfants fassent ce qu’on leur demande, qu’ils se préoccupent de leurs livres, et prennent le plaisir qui s’offre à eux quand rien ne fait obstacle, résume la vieille théorie ; maintenant, les plaisirs des enfants ont tendance à être plus pris en compte que leurs devoirs.

Autrefois, ils étaient élevés dans la soumission ; maintenant, les anciens cèdent leur place, et le monde est fait pour les enfants.

Les Anglais vont rarement aussi loin que les parents de cette histoire parue dans French Home Life, qui arrivèrent avec une heure de retard à un dîner, parce que leur fille de trois ans leur avait demandé de se déshabiller et de s’allonger à ses côtés jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Nous n’allons pas aussi loin, mais c’est la direction que nous prenons actuellement ; et dans quelle mesure les nouvelles théories de l’éducation sont sages et humaines, le résultat de connaissances physiologiques et psychologiques plus largement répandues, et dans quelle mesure elles ne font que répondre au culte de l’enfant auquel nous succombons tous, n’est pas une question à trancher d’emblée.

Quoi qu’il en soit, il n’est pas exagéré de dire qu’un parent qui ne suit pas une méthode d’éducation raisonnablement réfléchie ne parvient pas – aujourd’hui plus que jamais – à remplir les devoirs qu’il a envers ses enfants.

La méthode est un moyen de parvenir à une fin. – La méthode implique deux choses : un moyen de parvenir à une fin, et une progression étape par étape dans cette voie. De plus, l’application d’une méthode implique une idée, une image mentale de la fin ou de l’objet à atteindre. Que doit produire l’éducation sur votre enfant ? Encore une fois, la méthode est naturelle ; facile, souple, discrète, simple comme les voies de la Nature elle-même ; et en même temps, vigilante, prudente, omniprésente, convaincante. La méthode, ayant en vue le but de l’éducation, met les choses les plus improbables au service de ce but, mais sans mécanisme plus fastidieux que celui qu’emploie le soleil lorsqu’il fait souffler les vents et couler les eaux uniquement en brillant. Le parent qui voit son chemin – c’est-à-dire la force exacte de la méthode – pour éduquer son enfant, se servira de chaque circonstance de la vie de l’enfant presque sans intention de sa part, tant une méthode d’éducation fondée sur la Loi Naturelle est facile et spontanée. Que l’enfant mange ou boive, qu’il aille, vienne ou joue – il est éduqué tout le temps, bien qu’il en soit aussi peu conscient que de l’acte de respirer. Il y a toujours le danger qu’une méthode, une méthode de bona fide, dégénère en un simple système. La méthode du jardin d’enfants, par exemple, mérite ce nom, car elle a été conçue et perfectionnée par des éducateurs au grand cœur pour aider l’évolution à multiples facettes d’un être humain qui vit et grandit de façon complexe ; mais quel misérable système de bois devient-il entre les mains de praticiens ignorants !

Un système plus facile qu’une méthode. – Un « système d’éducation » est une fantaisie séduisante ; plus séduisante, à certains égards, qu’une méthode, parce qu’il est promis à des résultats plus précis et calculables. Grâce à un système, certains développements peuvent être obtenus par l’observation de règles données. La sténographie, la danse, la réussite aux examens, comment devenir un bon comptable ou une femme de la société peuvent tous être appris grâce à des systèmes.

Un système – l’observation de règles jusqu’à ce que l’habitude de faire certaines choses, de se comporter d’une certaine façon, soit confirmée, et que, par conséquent, l’art soit acquis – est si efficace pour atteindre des résultats précis, qu’il n’est pas étonnant qu’il y ait des tentatives permanentes pour restreindre tout le champ de l’éducation aux limites d’un système.

Si l’être humain était une machine, l’éducation ne pourrait rien faire de plus pour lui que de le mettre en action selon des méthodes prescrites, et le travail de l’éducateur consisterait simplement à adopter un système ou un ensemble de systèmes qui fonctionne bien.

Mais l’éducateur a affaire à un être qui agit et se développe par lui-même, et son travail est de guider et d’aider à la production du bien latent dans cet être, à la dissipation du mal latent, à la préparation de l’enfant pour qu’il prenne sa place dans le monde avec le meilleur de lui-même, avec toutes les capacités pour le bien qu’il a développé en un pouvoir.

Bien que le système soit très utile en tant qu’instrument d’éducation, un « système d’éducation » est néfaste, car il ne produit qu’une action mécanique au lieu de la croissance et du mouvement essentiels à un être vivant.

Il vaut la peine de souligner la différence entre un système et une méthode, parce que les parents se laissent souvent abuser par un « système » plausible, dont l’objet est de produire un développement dans une direction – des muscles, de la mémoire, de la faculté de raisonnement – et de s’en contenter, comme si ce seul développement constituait une éducation complète. Cette satisfaction facile provient de la mollesse de la nature humaine, à laquelle tout plan défini est plus agréable que la vigilance constante et l’action imprévue requises lorsque toute l’existence d’un enfant doit être utilisée comme moyen d’éducation. Mais qui est suffisamment compétent pour une éducation aussi complète, aussi constante ? Un parent peut être prêt à subir n’importe quel labeur pour le bien de son enfant ; mais, être toujours attentif à son bien-être, faire en sorte que les circonstances jouent à son avantage, c’est le rôle d’un dieu et non d’un homme ! C’est une objection relativement raisonnable, si l’on considère l’éducation comme une série infinie d’efforts indépendants, chacun devant être pensé et mis en œuvre sous l’impulsion du moment ; mais le fait est que quelques grands principes essentiels couvrent tout le domaine, et qu’une fois que l’on s’en est emparé, il est aussi facile et naturel d’agir sur eux que d’agir sur notre connaissance de faits tels que le feu brûle et l’eau coule. Dans ce chapitre et dans les suivants, je m’efforcerai de vous présenter ces quelques principes fondamentaux sous leur aspect pratique. En attendant, considérons une ou deux questions préliminaires.

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2. La place de l’enfant

L’enfant placé au milieu. – D’abord, considérons où et ce qu’est le petit être qui est confié aux soins des parents humains. Une tablette sur laquelle on écrit ? Une brindille à plier ? De la cire à modeler ? Très probablement ; mais il est bien plus que cela – un être appartenant à une catégorie supérieure à la nôtre, en quelque sorte un prince confié aux soins de paysans. Écoutez l’appréciation de Wordsworth sur la place de l’enfance : 

     « Notre naissance n’est qu’un sommeil et un oubli :
L’âme qui se lève avec nous, l’étoile de notre vie,
A eu ailleurs son coucher,
Et vient de loin ;
Pas dans un oubli total,
Et pas dans une nudité totale,
Mais traînant des nuages de gloire, nous venons
De Dieu qui est notre maison :
Le ciel nous entoure dans notre enfance !

     * * * * * * * *

Toi, dont l’apparence extérieure dément
L’immensité de ton âme ;
Toi, le meilleur philosophe, qui pourtant gardes
Ton héritage ; tu es l’œil parmi les aveugles,
Qui, sourd et silencieux, lit les profondeurs éternelles,
Hanté à jamais par l’esprit éternel – 
Puissant prophète ! Voyant béni !
Sur qui ces vérités reposent,
Que nous cherchons toute notre vie à découvrir ;
Toi, sur qui ton immortalité
Couve comme le jour, un maître sur un esclave,
Une présence qu’on ne peut ignorer ;
Toi, petit enfant, pourtant glorieux dans la puissance
De la liberté née du ciel, sur la hauteur de ton être –  »

et ainsi de suite, à travers toute cette grande ode, qui, après la Bible, donne l’aperçu le plus profond de ce qui est propre aux enfants dans leur nature et leur place. « Tel est le royaume des cieux ». « Si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. » « Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ? » « Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux. » Voici le sentiment divin de la place de l’enfant. Il vaut la peine pour les parents de méditer chaque parole des Évangiles concernant les enfants, en se débarrassant de l’idée que ces paroles appartiennent, en premier lieu, aux adultes qui sont devenus comme des petits enfants. Ce que ces paroles profondes sont, et combien elles peuvent signifier, n’est pas le sujet de ce livre ; seulement elles semblent couvrir beaucoup plus que les revendications de Wordsworth sur les enfants dans sa tentative la plus sublime :

     « Traînant des nuages de gloire, nous venons
De Dieu qui est notre maison. » 

Code de l’éducation dans les Évangiles. – Il peut être surprenant pour les parents de découvrir un code d’éducation dans les Évangiles, expressément établi par le Christ. Il se résume en trois commandements, et tous les trois ont un caractère négatif, comme si la chose principale exigée des adultes est qu’ils ne devraient faire aucune sorte de tort aux enfants : Gardez-vous de scandaliser – mépriser – empêcher – un seul de ces petits.

Voici donc les trois lois éducatives du Nouveau Testament, qui, examinées séparément, me semblent couvrir toute l’aide que nous pouvons apporter aux enfants et tout le mal dont nous pouvons les sauver – c’est-à-dire tout ce qui est inclus dans l’instruction d’un enfant selon la voie qu’il doit suivre. Considérons ces trois grandes lois comme prohibitives, afin de préparer le terrain pour réfléchir à une méthode d’éducation ; car si nous prenons conscience de ce que nous ne pouvons pas faire, alors il est plus facile de voir ce que nous pouvons et devons faire. En effet, le positif est inclus dans le négatif, ce que nous sommes tenus de faire pour l’enfant est inclus dans ce qu’il nous est interdit de faire pour ne pas lui faire de mal.

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3. Scandaliser les enfants

Offenses. – Le premier et le second des édits divins semblent inclure nos péchés de commission et d’omission contre les enfants : nous les offensons, quand nous faisons par eux ce que nous n’aurions pas dû faire ; nous les méprisons, quand nous laissons en suspens ces choses que, pour eux, nous aurions dû faire. Une offense, nous le savons, est littéralement une pierre d’achoppement, celle qui fait trébucher le marcheur et le fait tomber. Les mères savent ce que c’est que de dégager le sol de tous les obstacles lorsqu’un bébé fait ses petits pas instables d’une chaise à l’autre, d’une paire de bras aimants à l’autre. Le pied de table, le jouet de l’enfant sur le sol, qui a causé une chute et un cri pitoyable, est une chose à déplorer ; pourquoi quelqu’un ne l’a-t-il pas écarté pour que le bébé ne trébuche pas ? Mais le petit enfant va dans le monde avec des pas chancelants et incertains, dans de nombreuses directions. Il y a des causes de trébuchement plus difficiles à écarter qu’un tabouret offensant ; et malheur à celui qui fait tomber l’enfant !

Les enfants sont nés respectueux des lois. – « Vilain bébé ! » dit la mère ; les yeux de l’enfant s’affaissent et une rougeur monte sur le cou et les sourcils. C’est vraiment merveilleux ; très « drôle », pensent certains, et ils disent : « Vilain bébé ! » quand le bébé est gentil, s’amusant de l’âme de l’enfant qui se manifeste à leurs yeux. Mais qu’est-ce que cela signifie, cette démonstration de sentiment, de conscience, chez l’enfant, avant que tout enseignement humain ne puisse l’atteindre ? Pas moins que cela, qu’il est né en tant qu’être respectueux des lois, avec le sens de je peux et de je ne dois pas, du bien et du mal. C’est ainsi que les enfants sont envoyés dans le monde avec l’avertissement : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits ». Et – cela étant – qui n’a pas rencontré de grandes filles et de grands garçons, les enfants de parents sensés, qui ne savent pas encore ce que je dois signifie, qui ne sont pas animés par je devrai, dont le cœur ne ressent aucun éveil au nom solennel du Devoir, qui ne connaissent pas de règle de vie plus élevée que « je veux », « je ne veux pas », « j’aime » et « je n’aime pas » ? Que le ciel aide les parents et les enfants quand on en arrive là !

Mais comment se fait-il que le bébé, doté d’un sens aigu du bien et du mal même s’il ne comprend pas grand-chose à la parole humaine, devienne le garçon ou la fille atteint de « la malédiction du cœur sans loi » ? Par étapes lentes, un peu ici et un peu là, car tout ce qui est bon ou mauvais de caractère vient à passer. « Vilain ! » dit encore la mère quand une petite main s’enfonce dans le sucrier ; et quand une paire d’yeux malicieux cherche furtivement les siens, pour mesurer, comme ils le font infailliblement, jusqu’où le petit voleur peut aller. C’est très amusant ; la mère « ne peut s’empêcher de rire » ; et la petite transgression est autorisée : mais ce à quoi la pauvre mère n’a pas pensé, une offense, une cause de trébuchement, a été jetée sur le chemin de son enfant de deux ans. Il a déjà appris que ce qui est « vilain » peut être fait à nouveau en toute impunité, et il continue d’améliorer ses connaissances. Il est inutile de continuer ; tout le monde connaît les étapes par lesquelles le « non » de la mère vient à être ignoré, son refus transformé en consentement. L’enfant a été amené à croire qu’il n’a que la réticence de sa mère à vaincre ; puisqu’elle a choisi de le laisser faire ceci ou cela, il n’y a pas de raison pour qu’elle ne continue pas. Il peut l’obliger à choisir de le laisser faire ce qui est interdit et alors il pourra le faire. La prochaine étape de l’argumentation n’est pas trop grande pour les esprits enfantins : si sa mère fait ce qu’elle veut, bien sûr, il fera ce qu’il veut, s’il le peut ; et désormais la vie de l’enfant devient une lutte sans fin pour trouver son propre chemin ; une lutte dans laquelle un parent est à peu près sûr d’être malmené, ayant beaucoup de choses à penser, tandis que l’enfant reste fidèle à sa fantaisie du moment.

Ils doivent se rendre compte que leurs gouverneurs sont soumis à la loi. – Où est le début de cet enchevêtrement, gâchant la vie des parents et des enfants ? En ceci : la mère a commencé sans un sens suffisant du devoir ; elle se croyait libre de permettre et de refuser, de dire et de ne pas dire, à son bon plaisir, comme si l’enfant était à elle et qu’elle pouvait en faire ce qu’elle voulait. L’enfant n’a jamais perçu de je dois derrière les décisions de sa mère ; il ne sait pas qu’elle ne doit pas le laisser casser les jouets de sa sœur, se gaver de gâteau, gâcher le plaisir des autres, parce que ces choses ne sont pas bonnes. Faites en sorte que l’enfant perçoive que ses parents sont tenus par la loi aussi bien que lui, qu’ils ne peuvent tout simplement pas lui permettre de faire les choses qui ont été interdites, et il se soumettra avec la douce humilité qui appartient à son âge. Donner des raisons à un enfant est généralement déplacé et constitue un sacrifice de dignité parentale ; mais il est assez rapide pour lire dans le visage et les manières de sa mère, le « je dois » et le « je devrais » qui la gouvernent, et dans le fait qu’elle ne doive pas changer de résolution sur une question de bien et de mal.

Les parents peuvent offenser leurs enfants en ignorant les lois de la santé. – Le fait de permettre à l’enfant de faire ce qui est mal n’est qu’une des nombreuses façons dont la mère aimante peut offenser son enfant. Par ignorance ou volontairement, ce qui est pire, elle peut non seulement permettre à son enfant de faire le mal, mais aussi lui faire du mal. Elle peut faire obstacle à la vie physique en lui donnant de la nourriture malsaine, en le laissant dormir et vivre dans des pièces mal aérées, en négligeant l’une ou l’autre des lois simples de la santé, dont l’ignorance n’est guère excusable au vu des efforts déployés par les scientifiques pour mettre ces connaissances nécessaires à la portée de tous.

Et de la vie intellectuelle. – Ce qui est presque aussi grave, c’est que la vie intellectuelle de l’enfant peut être anéantie dès le début par une série de leçons mornes et interminables, qui ne servent aucun progrès réels, et qui, loin d’éduquer dans le vrai sens du terme, abrutissent son esprit d’une manière dont il ne se remet jamais. Beaucoup de petites filles, en particulier, quittent la salle de classe avec un dégoût pour tout type d’apprentissage, une aversion pour l’effort mental, qui durera toute leur vie. C’est pourquoi, à l’âge adulte elles lisent peu, à part des romans de mauvaise qualité, et parlent toute la journée de leurs vêtements.

Et de la vie morale. – Et ses affections – les mouvements du cœur tendre et plein d’entrain de l’enfant – comment sont-elles traitées ? Rares sont les mères qui ne se soucient pas de chérir les affections familiales ; mais quand l’enfant en vient à avoir des relations avec des personnes extérieures, les maximes et les motivations mondaines ne viennent-elles pas étouffer les bourgeons de l’amour enfantin ? Il y a pire encore lorsque l’amour de l’enfant ne trouve pas de débouchés naturels dans son foyer : lorsqu’elle est l’enfant quelconque ou ennuyeuse de la famille, et qu’elle est ignorée, tandis que l’affection des parents est prodiguée au reste. Bien sûr, elle n’aime pas ses frères et sœurs, qui monopolisent ce qui aurait dû être à elle aussi. Et comment aimer ses parents ? Personne ne connaît l’angoisse réelle dont souffrent beaucoup d’enfants pour cette raison, ni combien de vies sont amères et gâtées par la suppression de ces affections enfantines. « Mon enfance a été rendue misérable, me disait une dame il y a quelque temps, par l’adoration et l’affection de ma mère pour mon petit frère ; il n’y avait pas un jour où elle ne me rendait pas malheureuse en entrant dans la nurserie pour le câliner et jouer avec lui, et pendant tout ce temps elle n’avait pas un mot, un regard ou un sourire pour moi, comme si je n’avais pas été dans la pièce. Je ne m’en suis jamais remise ; elle est très gentille avec moi maintenant, mais je ne me suis jamais sentie tout à fait naturelle avec elle. Et comment pouvons-nous, frère et sœur, ressentir l’un pour l’autre ce que nous devrions ressentir si nous avions grandi ensemble dans l’amour, dans notre chambre d’enfants ? »

4. Mépriser les enfants

L’enfant devrait recevoir le meilleur de sa mère. – Supposons qu’une mère puisse offenser son enfant, comment est-il possible de dire qu’elle ne le méprise pas ? « Mépriser : avoir une mauvaise opinion de, sous-estimer » – selon le dictionnaire ; et, à vrai dire, même si nous les aimons beaucoup, nous, les adultes, avons une bien trop mauvaise opinion des enfants. Si la mère ne sous-estimait pas son enfant, l’abandonnerait-elle à la compagnie d’une nourrice ignorante pendant les premières années où sa nature entière reçoit en continu, comme la plaque sensible du photographe, des impressions indélébiles ? Non pas que la nourrice soit mauvaise pour l’enfant. Il est très probable que les personnes instruites ne répondraient pas à l’exigence d’avoir toujours leurs enfants à leurs côtés. La compagnie constante de ses parents pourrait être trop stimulante pour l’enfant. En outre, le changement fréquent de pensées et la compagnie d‘autres personnes rendent la mère plus fraîche pour ses enfants. Mais ils devraient recevoir le meilleur de leur mère, ses heures les plus douces et les plus brillantes ; tandis qu’en même temps, elle s’applique à choisir judicieusement ses nourrices, les former avec soin et garder un œil vigilant sur tout ce qui se passe dans la nurserie.

« Nourrice. » – La simple grossièreté et l’impolitesse de sa nourrice causent à l’enfant un tort durable. Beaucoup d’enfants quittent la nurserie avec un sens moral émoussé et abandonnent leur Père céleste pour le restant de leur vie. Car le sens moral de l’enfant est extrêmement sensible ; il est à l’affût du moindre acte ou de la moindre parole d’injustice, de tromperie, de sournoiserie. Sa nourrice dit : « Si vous êtes un bon garçon, je ne le dirai pas. » ; et l’enfant apprend que des choses peuvent être cachées à sa mère, elle qui pourtant doit être pour lui comme Dieu, au courant de tout son bien et son mal. Et ce n’est pas comme si l’enfant notait avec aversion les dérapages de ses aînés. Il sait ce qu’il doit faire, c’est vrai, mais il ne se fie pas à ses propres intuitions ; il façonne sa vie sur n’importe quel modèle qui lui est présenté, et avec la teinte fatale de la nature humaine, il est plus enclin à imiter un mauvais modèle qu’un bon. Donnez-lui une nourrice grossière, violente et sournoise, et avant que l’enfant soit capable de parler clairement, il aura pris cette tendance.

Les défauts des enfants sont graves. – L’une des nombreuses façons dont les parents sont susceptibles d’avoir une trop mauvaise opinion de leurs enfants est la question de leurs défauts. Un petit enfant montre un trait laid : il est gourmand et engloutit la part de friandises de sa sœur ainsi que la sienne ; il est vindicatif, prêt à mordre ou à se battre avec la main qui l’offense ; il dit un mensonge : – non, il n’a pas touché au sucrier ou au pot de confiture. La mère remet à demain les mauvais jours : elle sait qu’elle devrait réagir face à l’enfant pour ses fautes, mais en attendant, elle dit : « Oh, peu importe cette fois-ci ; il est si jeune, et il apprendra petit à petit. » Au lieu de se laisser déborder, elle pourrait instaurer une ambiance sécurisante pour elle et ses enfants et transformer ainsi ces mauvais jours en jours heureux. Si la mère décide elle-même que l’enfant ne fait jamais de mal sans en être conscient, elle verra qu’il n’est pas trop jeune pour que son défaut soit corrigé ou prévenu. Occupez-vous d’un enfant lors de sa première offense, et un regard affligé suffit à condamner le petit transgresseur ; mais laissez-le continuer jusqu’à ce qu’une mauvaise habitude soit formée et la guérison sera lente ; la mère n’aura aucune chance tant qu’elle n’aura pas formé en lui l’habitude contraire de bien faire. Rire d’une mauvaise humeur et la laisser passer parce que l’enfant est petit, c’est semer le vent.

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5. Empêcher les enfants

La relation d’un enfant avec Dieu tout-puissant. – La manière la plus fatale de mépriser l’enfant relève de la troisième loi éducative des Évangiles ; c’est de négliger et de prendre à la légère sa relation naturelle avec le Dieu tout-puissant. « Laissez les petits enfants venir à Moi », dit le Sauveur, comme si c’était la chose naturelle à faire pour les enfants, la chose qu’ils font quand ils ne sont pas empêchés par leurs aînés. Et peut-être n’est-ce pas une trop belle chose à croire dans ce monde racheté, que, comme le bébé se tourne vers sa mère bien qu’il n’ait pas le pouvoir de dire son nom, comme les fleurs se tournent vers le soleil, ainsi le cœur des enfants se tourne inconsciemment vers leur Sauveur et vers Dieu avec plaisir et confiance.

Théologie de la nurserie. – Écoutez ce qui se passe dans de nombreuses nurseries : – « Dieu ne vous aime pas, vilain et méchant garçon ! » « Il vous enverra dans le mauvais endroit ! », et ainsi de suite ; et c’est là tout l’enseignement pratique que reçoit l’enfant sur les voies de son « Amour tout-puissant » ! – jamais un mot sur la façon dont Dieu aime et chérit les petits enfants tout au long de la journée, et remplit leurs heures de plaisir. Ajoutez à cela des prières superficielles, des discussions vaines sur les choses divines en leur présence, un usage léger de paroles saintes, peu de signes qui indiquent à l’enfant que les choses de Dieu sont plus pour ses parents que n’importe quelle chose au monde, et l’enfant est empêché, tacitement défendu de « venir à Moi » – et cela, souvent, par des parents qui, au fond de leur cœur, ne désirent rien en comparaison de Dieu. Ce méfait réside dans cette même méprise et sous-évaluation insensée des enfants, à cause de l’idée que l’enfant ne peut avoir de vie spirituelle tant qu’il ne plaît pas à ses aînés d’en allumer la flamme.

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6. Les conditions d’une activité cérébrale saine

Ayant juste jeté un coup d’œil sur le vaste champ des interdits, nous sommes prêts à examiner ce que la mère doit, définitivement et positivement, à son enfant, sous le nom d’Éducation.

Tout travail de l’esprit induit l’usage du cerveau. – Tout d’abord, les pouvoirs les plus éducables de l’enfant – son intelligence, sa volonté, ses sentiments moraux – ont leur siège dans son cerveau ; c’est-à-dire, de la même façon que l’œil est l’organe de la vue, le cerveau, ou une partie de celui-ci, est l’organe de la pensée et de la volonté, de l’amour et du culte. Les spécialistes ne s’accordent pas quant à la mesure dans laquelle il est possible de localiser les fonctions du cerveau ; mais cela semble au moins assez clair : aucune des fonctions de l’esprit n’est accomplie sans activité réelle de la masse de matière grise et blanche appelée « le cerveau ». Cette question ne concerne pas seulement le physiologiste, mais chaque mère, chaque père de famille ; car ce merveilleux cerveau, grâce auquel nous pensons, s’il doit agir sainement et en harmonie avec l’action saine de ses membres, ne doit agir que dans des conditions d’exercice, de repos et de nutrition qui garantissent la santé de toutes les autres parties du corps.

L’exercice. – La plupart d’entre nous ont rencontré quelques excentriques et un bon nombre de personnes stupides, au sujet desquelles la question s’impose : ces personnes sont-elles nées avec moins de puissance cérébrale que les autres ?  Probablement pas ; mais s’ils furent autorisés à grandir sans l’habitude quotidienne d’un travail moral et mental approprié, s’ils furent autorisés à traîner dans leur jeunesse sans efforts réguliers et soutenus de pensée ou de volonté, le résultat serait le même, et le cerveau qui aurait dû être revigoré par un exercice quotidien est devenu mou et faible comme un bras sain le serait après avoir été porté pendant des années en écharpe. Le grand cerveau actif ne se contente pas d’une oisiveté totale ; il se trace des lignes pour lui-même et travaille par intermittence, et l’homme ou la femme devient excentrique, parce que l’effort mental sain, comme la morale, doit être dirigé par la discipline de règles. Un auteur avisé suggère que l’indolence mentale peut avoir été dans une certaine mesure la cause de ces lamentables crises de dérangement et de dépression dont a souffert le pauvre Cowper ; la composition de « vers de mirliton » ne lui offrait pas la quantité de travail mental nécessaire à son bien-être.

La conclusion est la suivante : ne laissez pas les enfants passer une journée sans efforts marqués, intellectuels, moraux, volontaires ; qu’ils s’efforcent de comprendre ; qu’ils s’obligent à faire et à supporter ; et qu’ils fassent le bien au sacrifice de la facilité et du plaisir : et ceci pour de nombreuses raisons supérieures, mais, en premier lieu, pour que le simple organe physique de l’esprit et de la volonté devienne vigoureux avec le travail.

Le repos. – Il est tout aussi important que le cerveau bénéficie d’un repos approprié ; c’est-à-dire qu’il se repose et travaille en alternance. Et là, deux considérations entrent en jeu. En premier lieu, lorsque le cerveau travaille activement, il est traité comme tous les autres organes du corps dans les mêmes circonstances ; c’est-à-dire qu’une grande quantité supplémentaire de sang est attirée vers la tête pour nourrir l’organe qui dépense sa substance dans un dur travail. Or, il n’y a pas une quantité indéfinie de ce que nous appellerons pour le moment un surplus de sang dans les vaisseaux. L’approvisionnement est régulé sur le principe qu’un seul ensemble d’organes à la fois doit être excessivement actif – maintenant les membres, puis les organes digestifs, puis le cerveau ; et tout le sang du corps qui peut être économisé va au soutien des organes qui, pour le moment, sont en état de travail.

Le repos après les repas. – L’enfant vient de prendre son repas du midi, le repas de la journée qui fatigue le plus sévèrement ses organes digestifs ; deux ou trois heures après, ces organes ont beaucoup de travail, et le sang qui peut être épargné ailleurs est là pour aider. Maintenant, envoyez l’enfant faire une longue promenade immédiatement après le déjeuner – le sang va aux membres qui travaillent, et la nourriture reste à moitié digérée ; donnez à l’enfant une habitude régulière de tels déjeuners avec promenades, et il deviendra dyspeptique. Mettez-le à ses livres après un repas copieux, et l’affaire est aussi mauvaise ; le sang qui aurait dû aider à la digestion du repas va au cerveau en travail.

Il s’ensuit que les heures de cours doivent être soigneusement choisies, après des périodes de repos mental – le sommeil ou le jeu, par exemple – et lorsqu’il n’y a pas d’activité excessive dans une autre partie du système. Ainsi, le matin, après le petit-déjeuner (dont la digestion n’est pas une tâche difficile), est de loin le meilleur moment pour les leçons et toute sorte de travail mental ; si l’on ne peut pas consacrer tout l’après-midi aux loisirs en plein air, c’est le moment pour les tâches manuelles telles que la couture, le dessin, les répétitions. L’esprit des enfants est assez vif le soir, mais l’inconvénient du travail du soir est que le cerveau, une fois excité, est enclin à poursuivre son travail au-delà de l’heure du coucher, et des rêves, des réveils nocturnes, un sommeil difficile accompagnent le pauvre enfant qui a travaillé jusqu’à la dernière minute. Si les enfants les plus âgés doivent travailler le soir, ils devraient avoir au moins une ou deux heures agréables avant d’aller se coucher ; mais, en fait, nous devons aux enfants d’abolir la « préparation » du soir.

Le changement d’activité. – « Il n’y a, dit Huxley, aucune preuve satisfaisante à l’heure actuelle, que la manifestation d’un quelconque type de faculté mentale soit spécialement attribuée ou liée à l’activité d’une région particulière des hémisphères cérébraux », un propos qui s’oppose aux partisans du système phrénologique, mais qui nous vient d’une trop haute autorité pour être contesté. Il n’est pas possible de localiser les « facultés » – de dire que vous êtes prudent grâce à cette fraction de votre cerveau et mélomane grâce à telle autre ; mais ce qui est certain, et qui est très important pour l’éducateur, c’est que le cerveau, ou une partie du cerveau, s’épuise lorsque n’importe quelle fonction a été exercée trop longuement. L’enfant a fait du calcul pendant un certain temps et il devient inexplicablement sot : retirez-lui son ardoise et laissez-le étudier l’histoire et son esprit redevient frais et dispos. L’imagination, qui n’a joué aucun rôle dans les calculs, est mise à contribution par la leçon d’histoire, et l’enfant apporte une puissance vive inépuisable à son nouveau travail. Les emplois du temps scolaires sont généralement établis dans le but de donner au cerveau de l’enfant une variété de travail ; mais le secret de la lassitude que les enfants montrent souvent dans la salle d’école à la maison est qu’aucun changement judicieux dans les leçons n’a été prévu.

La nourriture. – Encore une fois, le cerveau ne peut pas bien faire son travail sans être abondamment et convenablement nourri ; quelqu’un a calculé combien d’onces de cerveau avaient servi à produire telle œuvre – disons Le paradis perdu -, combien pour telle autre, et ainsi de suite. Sans nous lancer dans un calcul mental de cette nature, nous pouvons dire avec certitude que toute sorte d’activité intellectuelle épuise les tissus cérébraux ; un réseau de vaisseaux fournit une énorme quantité de sang dans cet organe pour compenser cette matière perdue ; et la vigueur et la santé du cerveau dépendent de la qualité et de la quantité de cet apport sanguin.

Certaines raisons affectent la qualité du sang. – La qualité du sang est affectée par trois ou quatre causes. En premier lieu, le sang est élaboré à partir de la nourriture ; plus la nourriture est nutritive et facile à digérer, plus les propriétés du sang seront vitales. La nourriture doit être également variée, fournir un régime mixte, parce que de nombreux ingrédients sont nécessaires pour suppléer aux différentes pertes dans les tissus. Les enfants sont de grands dépensiers ; leurs allées et venues incessantes, leur agitation, leur énergie, leur langue très remuante, tout cela induit une dépense de substance : la perte n’est pas quantifiable mais ils perdent quelque chose à chaque sortie soudaine, à l’extérieur ou à l’intérieur. Sans doute le gain de puissance qui résulte de l’exercice compense-t-il largement la perte de substance ; mais, tout de même, cette perte doit être promptement comblée. Non seulement le corps de l’enfant est plus actif, proportionnellement, que celui de l’homme, mais le cerveau de l’enfant, comparé à celui de l’homme, est en perpétuelle effervescence. Il a été calculé que, bien que le cerveau d’un adulte ne pèse pas plus qu’un quarantième du poids total de son corps, un cinquième ou un sixième de la totalité de sa réserve de sang sert à nourrir cet organe délicat et intensément actif ; mais, dans le cas de l’enfant, une proportion considérablement plus grande du sang est consacrée à l’approvisionnement de son cerveau. Et pendant tout ce temps, avec ces demandes excessives qui pèsent sur lui, il faut que l’enfant grandisse ! Non seulement pour compenser les pertes, mais aussi pour produire de nouvelles substances dans le cerveau et le corps.

A propos des repas. – Quelle est la conclusion évidente ? Que l’enfant doit être correctement nourri. La moitié des individus de faible vitalité que nous rencontrons sont les victimes d’une mauvaise alimentation dans leur enfance ; et cela, plus souvent parce que leurs parents n’étaient pas conscients de leur devoir à cet égard, que parce qu’ils n’étaient pas en mesure d’offrir à leurs enfants le régime nécessaire à leur plein développement physique et mental. Des repas réguliers à des intervalles généralement ininterrompus – le déjeuner jamais plus de cinq heures après le petit déjeuner ; l’en-cas du matin, superflu ; les apports carnés, une fois ou, sous une forme plus légère, deux fois par jour – sont les recommandations de bon sens suivies dans la plupart des foyers bien organisés. Mais ce n’est pas la nourriture que l’on mange, mais bien celle que l’on digère, qui nourrit le corps et le cerveau. Et à ce propos, les considérations sont si nombreuses que nous ne pouvons que jeter un coup d’œil sur deux ou trois des plus évidentes. Tout le monde sait que les enfants ne devraient pas manger de pâtisseries, ni de porc, ni de viandes frites, ni de fromage, ni d’aliments riches et très assaisonnés d’aucune sorte ; que le poivre, la moutarde, et le vinaigre, les sauces et les épices, devraient être proscrites ainsi que le pain blanc, les gâteaux gras et les confitures, comme celles de prunes ou de groseilles, dans lesquelles l’enveloppe coriace du fruit a été conservée ; que le lait, ou le lait et l’eau, et pas trop chaud, ou le cacao, est la meilleure boisson pour les enfants, et qu’ils devraient être habitués à ne pas boire avant d’avoir fini de manger ; que les fruit frais au petit-déjeuner sont d’une valeur inestimable ; que, dans le même but, le gruau d’avoine et la mélasse, ainsi que la graisse du lard grillé, sont des aliments précieux pour le petit déjeuner ; et qu’un verre d’eau aussi, pris à la dernière heure du soir et à la première heure du matin, est utile dans le soutien de ces routines régulières desquelles dépend une grande partie de son confort de vie.

La discussion pendant les repas. – Il est inutile d’insister sur tout cela et sur bien d’autres choses du même genre ; mais permettez-moi de répéter que ce sont les aliments digérés qui nourrissent le système, et les gens ont tendance à oublier à quel point les conditions mentales et morales affectent les processus de digestion. Le fait est que les sucs gastriques qui agissent comme des solvants sur les aliments ne sont sécrétés librement que lorsque l’esprit est dans un état de gaieté et de satisfaction. Si l’enfant n’apprécie pas son repas, il l’avale, mais la digestion de ce repas désagréable est un processus laborieux, hautement entravé ; si le repas est pris en silence, sans être agrémenté d’une conversation plaisante, l’enfant perd une grande partie du « bénéfice » de son repas. Il ne s’agit donc pas du tout de les choyer, mais d’une question de santé, d’une question d’alimentation appropriée, que les enfants apprécient leur nourriture, et que leurs repas soient pris dans la joie. Néanmoins, soit dit en passant, l’excitation joyeuse est aussi néfaste que son contraire en détruisant cette humeur égale et joyeuse qui est favorable aux processus de digestion. Aucun effort ne devrait être épargné pour faire de ces heures autour de la table familiale les plus lumineuses de la journée. Cela suppose que l’on permette aux enfants de s’asseoir à la même table que leurs parents ; et, s’il est possible de le faire à chaque repas, à l’exception du souper tardif, l’avantage pour les petits est incalculable. C’est l’occasion pour les parents de leur inculquer les bonnes manières et la morale, de cimenter l’amour familial et d’habituer les enfants à des habitudes, comme celle de bien mastiquer, par exemple, aussi importante pour la santé que pour la bienséance.

Des repas variés. – Mais, même en offrant un environnement plaisant et une nourriture excellente, les besoins de ces petits êtres exigeants ne sont pas pleinement satisfaits : aussi simple que soit leur nourriture, ils doivent avoir de la variété. Un gigot de mouton chaque mardi, le même servi froid le mercredi, et haché le jeudi, peut être un très bon aliment ; cependant, l’enfant qui a ce menu semaine après semaine est insuffisamment nourri, simplement parce qu’il s’en lasse. La mère devrait imaginer une rotation pour ses enfants qui durerait au moins une quinzaine de jours, sans que le même repas n’y figure deux fois. Le poisson, surtout si les enfants en mangent sans viande à la suite, est un excellent substitut, d’autant plus qu’il est riche en phosphore – un nutriment précieux pour le cerveau. Les desserts des enfants méritent beaucoup d’attention, car ils n’aiment généralement pas les aliments gras, mais préfèrent tirer de l’énergie pour leur corps de l’amidon et du sucre de leurs desserts. Offrez-leur de la variété ; que cela ne soit pas « le sempiternel tapioca ». Même pour le goûter ou le petit déjeuner, la mère avisée ne dit pas « Je donne toujours à mes enfants » telle ou telle chose. Ils ne devraient pas avoir quoi que ce soit « toujours » ; chaque repas devrait réserver une petite surprise. Mais ne serait-ce pas la façon de trop les faire réfléchir à ce qu’ils vont manger et boire ? Au contraire, ce sont les enfants mal nourris qui sont gourmands, incapables d’apprécier toute gourmandise inhabituelle.

L’air aussi important que la nourriture. – La qualité du sang dépend presque autant de l’air que nous respirons que de la nourriture que nous mangeons ; toutes les deux ou trois minutes, tout le sang du corps passe par les interminables ramifications des poumons, sans autre but que celui, durant son passage, d’être rechargé par l’oxygène contenu dans l’air tiré jusque dans les poumons par le mécanisme de la respiration. Mais que peut-il arriver au sang au cours d’une exposition de si courte durée ? Tout simplement cela : toutes les caractéristiques, même la couleur, du sang se modifient : il pénètre dans les poumons dégradé, ne pouvant plus soutenir la vie ; il en sort, un pur fluide vital. Or, le sang n’est complètement oxygéné que lorsque l’air contient toute sa proportion d’oxygène, et chaque chose respirant et brûlant retire un peu d’oxygène de l’atmosphère. D’où l’importance de donner aux enfants des aérations quotidiennes, et de permettre à leurs membres et à leurs poumons de s’exercer abondamment dans un air non vicié et non appauvri.

Les enfants marchent tous les jours. – « Les enfants marchent tous les jours ; ils ne sortent jamais moins d’une heure lorsque le temps est clément. » Voilà qui est mieux que rien ; tout comme ceci : une maîtresse d’école de l’Est de Londres remarque la mine pâle de l’une de ses meilleures élèves. « Avez-vous déjeuné, Nellie ? » « Oui-i » (hésitante). « Qu’avez-vous mangé ? » « Mère nous a donné à Jessie et moi un demi-penny pour acheter nos déjeuners et nous l’avons entièrement dépensé en pastilles à l’anis – elles durent plus longtemps que le pain » – l’implorant du regard pour que son extravagance ne soit pas sanctionnée. Les enfants ne se développent pas au mieux avec des pastilles à l’anis en guise de déjeuner, pas plus qu’avec une heure quotidienne « de petits tours ». Il est possible que la science nous rappelle de plus en plus le fait que la vie animale, passée sous abri, est maintenue dans des conditions artificielles, tout comme l’est la vie végétale dans une serre. C’est sur ce point que la plupart des nations du Continent ont l’avantage sur nous : elles conservent l’habitude de la vie au grand air ; et, par conséquent, le Français, l’Allemand, l’Italien, le Bulgare moyens sont plus joyeux, plus simples et plus robustes que l’Anglais moyen. Le climat ? Charles II ne s’est-t-il pas prononcé – et il le savait – en faveur du climat britannique parce que vous pouviez être à l’extérieur « plus d’heures par jour et plus de jours dans l’année » en Angleterre que dans « n’importe quel autre pays » ? Nous perdons de vue le fait que nous ne sommes pas comme ce personnage historique qui « ne vivait que de victuailles et de boissons. » Nous disons à l’invalide qui ne peut pas manger : « Vous ne pouvez pas vivre d’air ! » Non, nous ne pouvons pas vivre d’air ; mais, s’il faut choisir parmi les trois sources de vie, c’est l’air qui nous soutiendra le plus longtemps. Nous savons tout cela ; nous sommes extrêmement lassés par ce sujet ; il suffit que votre œil attrape le mot « oxygénation » sur une page pour que l’organe bien entraîné saute ce paragraphe de lui-même. Il n’est pas nécessaire d’expliquer à l’écolier de Macaulay, ou à qui que ce soit d’autre, comment le sang du corps est amené aux poumons et y est répandu dans une immense étendue d’innombrables « tuyaux » afin d’être exposé momentanément à l’oxygène de l’air ; comment l’air est fait pour agir sur le sang, tout prêt à se propager, par l’action de la respiration similaire à celle d’un soufflet ; comment l’air pénètre les parois très minces des tuyaux ; et alors, voici une transmutation magique (ou chimique) ; le liquide usé et sans valeur du système devient en un instant le riche fluide vivifiant dont la fonction est de constituer les tissus des muscles et des nerfs. Et ce Prospero qui porte une cape ? L’oxygène, voici son nom ! et la merveille qu’il accomplit en nous une quinzaine de fois par minute est probablement sans équivalent dans l’ensemble des merveilles que nous « totalisons » avec une connaissance facilitée, en considérant la « vie » et en portant… un code !

L’oxygénation a ses limites. – Nous savons tout à ce sujet ; ce que nous oublions, peut-être, c’est que même l’oxygène a ses limites : rien ne peut agir sauf là où il se trouve, et les déchets qui accompagnent le travail est vrai pour ce gaz vital comme pour les autres matières. Le feu, la lampe et les êtres qui respirent sont tous des consommateurs de l’oxygène qui les fait vivre. Qu’est-ce qui s’ensuit ? Que cet élément, qui est présent à raison de 23 % dans l’air pur, est soumis à un énorme débit entre les quatre murs d’une maison, où l’air est plus ou moins stationnaire. Je ne parle pas ici de l’altération de l’air – seulement de la diminution de cet élément vital. Pensez, à nouveau, à la forte consommation d’oxygène qui doit soutenir les multitudes de feux et les nombreux êtres respirants rassemblés dans une grande ville ! La question « Qu’est-ce qui en résulte ? » est strictement vitale. L’homme ne peut jouir pleinement d’une existence joyeuse et vigoureuse que lorsque son sang est parfaitement aéré ; et cela se produit lorsque l’air qu’il inhale contient tout son complément d’oxygène. Est-il exagéré de dire que la vitalité est réduite, toutes choses égales par ailleurs, lorsque les personnes vivent en maison plutôt qu’en plein air ? L’air appauvri maintient la vie à un niveau faible et médiocre ; c’est pourquoi dans les grandes villes, la stature diminue, la poitrine se contracte, les hommes vivent à peine le temps de voir les enfants de leurs enfants. Bien entendu, nous avons besoin d’avoir des maisons pour nous abriter des intempéries le jour et pour nous reposer la nuit ; mais si nous cessons de rendre nos maisons « confortables », si nous les considérons seulement comme des abris nécessaires lorsque nous ne pouvons pas sortir, nous jouirons alors pleinement de la vitalité vigoureuse qui peut s’offrir à nous.

L’air non renouvelé. – Parents des enfants de la ville au visage pâle, pensez à tout cela ! Les enfants des rues qui se nourrissent des restes de la rue se portent mieux (et ont meilleure mine) à cet égard que vos précieux chéris, parce qu’ils disposent d’une plus grande quantité du premier élément essentiel à la vie : l’air. Il y a une certaine circulation d’air même dans les bas-fonds de la ville, et l’enfant qui passe ses journées dans les rues est mieux alimenté en oxygène que celui qui passe le plus clair de son temps dans l’air non-renouvelé d’un appartement spacieux. Mais ce n’est pas l’air de la rue que les enfants veulent, c’est l’air délicieux et vivifiant de la campagne. Les dépenses des enfants pour vivre devancent considérablement celles des adultes. L’activité sans fin de l’enfant, tandis qu’il développe ses muscles, est maintenue aux dépens d’une grande perte de tissu. C’est le sang qui transporte les matériaux nécessaires à la réparation de cette perte. L’enfant doit faire grandir chaque partie de lui, et c’est le sang qui apporte la matière nécessaire à la construction de nouveaux tissus. Encore une fois, nous savons que le cerveau est, sans proportion avec sa taille, le grand consommateur de la réserve sanguine ; et le cerveau de l’enfant, avec son activité ardente, avec sa double croissance, est insatiable dans ses demandes !

« Je nourris Alice avec du bouillon de bœuf ». – « Je nourris Alice avec du bouillon de bœuf, de l’huile de foie de morue et toutes sortes de choses nourrissantes, mais c’est très décourageant, l’enfant ne prend pas de poids ! ». Il est probable qu’Alice respire vingt-deux heures sur vingt-quatre l’air appauvri, et plus ou moins vicié, que renferment les quatre murs d’une maison. L’enfant est pratiquement affamée ; car la nourriture qu’elle mange est très imparfaitement et insuffisamment transformée en sang aéré qui nourrit les tissus du corps.

Et si elle souffre d’inanition corporelle, qu’en est-il de l’esprit avide, actif, curieux, affamé de cette petite fille ? « Oh, elle a ses leçons chaque jour. ». Probablement : mais les leçons qui traitent des mots, et l’évocation seule des choses, n’est pas ce que l’enfant veut. Il n’y a aucune expérience plus appropriée aux premières années d’un enfant que celle du nom, de l’apparence et du comportement in situ de chaque objet naturel auquel il peut accéder. « Il a laissé le souvenir de ses merveilles. »

« Pendant trois ans, elle grandit au soleil et sous la pluie,
Puis la Nature a dit : « Une fleur plus belle
N’a jamais été semée sur terre :
Je vais prendre cette enfant pour moi :
Elle sera à moi, et j’en ferai
Une dame de mon choix.

*

Elle sera sportive comme le faon,
qui s’élance avec joie sur la pelouse
ou dans la montagne ;
Et à elle sera le baume du souffle,
Et à elle le silence et le calme
Des choses muettes et insensibles.

*

Les étoiles de minuit lui seront chères;
Et elle prêtera l’oreille
Dans bien des endroits secrets
Où les ruisseaux dansent leur ronde errante,
Et la beauté née du murmure
Passera sur son visage. »

La ventilation intérieure. – Nous aurons l’occasion de parler plus longuement des aérations en extérieur ; mais la ventilation en intérieur est vraiment tout aussi importante, car, si les tissus sont nourris de sang impur pendant toutes les heures que l’enfant passe dans la maison, le mal ne sera pas réparé dans les intervalles plus courts passés à l’extérieur. Mettez deux ou trois corps respirant, ainsi que le feu et le gaz, dans une pièce, et il est incroyable de constater à quel point l’air devient vite vicié s’il n’est pas constamment renouvelé ; c’est-à-dire si la pièce n’est pas bien aérée. Nous savons ce que c’est que de sortir au grand air et de se plaindre que la pièce est étouffante ; mais asseyez-vous dans la pièce quelques minutes et vous vous habituez à son atmosphère confinée ; les sens ne sont plus un guide fiable.

La ventilation. – Par conséquent, il faut prendre des dispositions régulières pour ventiler les pièces en fonction de la sensibilité de leurs habitants ; le haut de la fenêtre devrait être ouvert d’un pouce au moins, jour et nuit, afin de rendre la pièce relativement sûre, car cela permet à l’air vicié de s’échapper et, étant léger, de monter, laissant place à l’entrée d’un air plus froid et plus frais par les fentes et les fissures des portes et des planchers. Une cheminée ouverte est un ventilateur utile, mais non suffisant ; il va sans dire que l’obstruction des cheminées dans les chambres à coucher est suicidaire. Il est particulièrement important d’habituer les enfants à dormir avec une fenêtre ouverte d’un pouce ou deux, ou plus, tout au long de l’année – autant que vous le souhaitez en été.

L’air sain de la nuit. – Une idée répandue veut que l’air de la nuit soit malsain ; mais si l’on considère que l’air sain est celui qui contient son intégralité d’oxygène, et son intégralité, négligeable, d’acide carbonique, et que tous les objets qui brûlent – feu, fourneau, lampe à gaz – dégagent de l’acide carbonique et consomment de l’oxygène, on verra que l’air de la nuit est, dans des circonstances ordinaires, plus sain que l’air du jour, simplement parce que son gaz vital est moins épuisé. Lorsque les enfants sortent d’une pièce qu’ils occupent habituellement, la nurserie ou la salle du petit-déjeuner, c’est l’occasion de l’aérer complètement en ouvrant grand les fenêtres et les portes afin de créer un courant d’air abondant.

Du soleil. – Mais ce n’est pas seulement de l’air, et de l’air pur, que les enfants doivent avoir pour que leur sang soit de la « meilleure qualité », comme le disent les publicités. Un sang sain est extrêmement riche en minuscules corps rouges en forme de disque, appelés globules rouges, qui, dans des circonstances favorables, sont produits librement dans le sang lui-même. Or, on observe que les personnes qui vivent au soleil ont un teint rosé – ce qui signifie que leur sang contient un grand nombre de ces globules rouges ; tandis que les pauvres âmes qui vivent dans les caves et les allées sans soleil ont une peau de la couleur du papier brun-blanc. Par conséquent, on peut conclure que la lumière et le soleil sont favorables à la production de globules rouges dans le sang ; et, par conséquent, les chambres des enfants devraient être du côté ensoleillé de la maison, avec une orientation sud si possible. En fait, toute la maison devrait être claire et lumineuse pour leur bien ; les arbres et les dépendances qui obstruent l’ensoleillement et rendent les chambres d’enfants ternes devraient être enlevés sans hésitation.

La transpiration libre. – Un autre point doit être pris en compte afin de garantir que le cerveau soit nourri par un sang sain. Le sang reçoit et élimine les déchets des tissus, et la peau est l’un des agents les plus importants grâce auquel il accomplit ce nécessaire travail d’épuration. Des millions de pores invisibles perforent la peau, chacun d’eux étant l’embouchure d’un tube minuscule, et chacun de ces pores est utilisé sans interruption, tant que le corps est en bonne santé, pour évacuer la transpiration – c’est-à-dire les déchets des tissus – sur la peau.

La transpiration imperceptible. – Lorsque les sécrétions sont excessives, nous sommes conscients de l’humidité sur la peau ; mais, que nous en soyons conscient ou non, la sécrétion se poursuit en permanence ; et, qui plus est, si elle est empêchée, ou si une partie considérable de la peau est laquée, de sorte qu’elle devient imperméable, la mort s’ensuit. C’est pourquoi les gens meurent à la suite de brûlures qui blessent une grande surface de la peau, bien qu’elles ne touchent aucun organe vital. La multitude de minuscules tubes qui devraient évacuer les matières nocives du sang est fermée, et, bien que la surface restante de la peau et les autres organes excréteurs travaillent davantage, il est impossible de compenser la perte de ce que l’on peut appeler un drainage efficace sur une surface considérable. Par conséquent, si l’on veut que le cerveau soit dûment nourri, il est important de maintenir toute la surface de la peau en état de rejeter librement les déchets du sang.

Le bain quotidien et les vêtements perméables. – De cela, découlent deux observations : de la première, la nécessité du bain quotidien suivi d’un frottement vigoureux de la peau, il est inutile d’en dire plus ici. Nous préférons insister sur les vêtements perméables qui permettent aux enfants de laisser passer instantanément les émanations de la peau. Pourquoi les femmes délicates s’évanouissaient-elles ou, en tout cas, « se sentaient-elles faibles », lorsqu’on avait coutume d’aller à l’église en manteau de peau de phoque ? Pourquoi les personnes qui dorment sous des duvets, ou même sous des couettes en soie ou en coton, se lèvent-elles souvent sans être revigorées ? Pour une seule et même raison : leurs couvertures ont entravé le passage de la transpiration imperceptible, et ont ainsi empêché la peau de remplir sa fonction de débarrasser le sang de ses impuretés. Il est surprenant de constater la perte constante de vitalité que subissent de nombreuses personnes sans autre cause que le caractère inadapté de leurs vêtements. Les enfants ne peuvent pas être mieux habillés qu’avec des vêtements de laine, de flanelle et de serge, de différentes épaisseurs, pour l’été et l’hiver. Les lainages présentent d’autres avantages par rapport au coton et au lin, outre celui d’être respirants. La laine est un mauvais conducteur, et ne permet donc pas à la chaleur de s’échapper trop librement ; elle est absorbante, et soulage donc la peau des sensations de moiteur créées par la transpiration. Nous nous porterions mieux si nous pouvions nous décider à dormir dans la laine, en abandonnant le lin ou le coton au profit de draps faits d’une étoffe de laine légèrement tissée.

Nous pourrions dire beaucoup de choses sur cette question de la nutrition du cerveau, dont dépend la possibilité même d’une éducation saine. Mais nous aurons accompli quelque chose de bien si le pourquoi de seulement deux ou trois règles pratiques de santé est rendu si clair qu’il est impossible de les contourner sans avoir le sentiment d’enfreindre la loi.

Je crains que le lecteur ne soit enclin à penser que j’attire son attention principalement sur quelques questions physiologiques – le niveau le plus bas de l’échelle éducative. Mais aussi bas puisse-t-il être, c’est le premier niveau, l’étape nécessaire avant tous les autres. Car il n’est pas exagéré de dire que, dans l’état actuel de notre existence, la vie intellectuelle, morale et même spirituelle, ainsi que le progrès, dépendent largement des conditions physiques. Cela ne signifie pas qu’un homme beau soit nécessairement bon et intelligent ; mais que l’homme bon et intelligent a besoin de beaucoup de substance animale pour compenser la dépense de tissus qu’entraîne l’exercice de sa vertu et de son intelligence. Par exemple, est-il plus facile d’être aimable, gentil, franc, avec ou sans mal de tête ou névralgie ?

7. « Le règne de la Loi » dans l’éducation

Le bon sens et les bonnes intentions. – D’ailleurs, bien que cette culture physique du cerveau ne soit que la base de l’éducation, la méthode qu’elle emploie indique ce que devrait être la méthode de toute éducation ; c’est-à-dire un progrès ordonné et réglementé sous la direction de la Loi. La raison pour laquelle l’éducation a tellement moins d’effets que ce qu’elle devrait avoir est simplement que, dans neuf cas sur dix, de bons parents raisonnables se fient trop à leur bon sens et à leurs bonnes intentions, oubliant que le bon sens doit se donner la peine de s’instruire sur la nature du sujet, et que les efforts bien intentionnés sont vains s’ils ne sont pas menés dans l’obéissance aux lois divines, lois qui peuvent être lues dans de nombreux cas, non pas dans la Bible, mais dans les faits de la vie.

Les vies respectueuses des lois sont souvent plus irréprochables que les vies pieuses. – C’est une honte pour les croyants que ceux dont la plus haute profession est de ne pas savoir, et donc de ne pas croire, puissent mener des vies plus irréprochables, plus libérées des défauts de leur tempérament, du vice de l’égoïsme, que beaucoup de gens sincèrement religieux. C’est un fait auquel seront confrontés les enfants un jour ou l’autre et qui nécessitera une explication ; et de surcroît, c’est un fait qui aura plus de poids pour peu qu’ils y soient confrontés par le biais d’une personne à laquelle ils portent de la considération et de l’amour, plutôt que tout l’enseignement religieux qu’ils auront pu recevoir. Cela me semble être le danger menaçant en ce qui concerne cette dépendance avérée et cette allégeance à Dieu Tout-Puissant que nous reconnaissons comme religion – non pas la méchanceté, mais la bonté d’une école qui refuse d’admettre une telle dépendance et allégeance.

Mon sentiment à propos de ce danger est la raison pour laquelle j’offre le peu que j’ai à dire sur le sujet de l’éducation, – ce que je perçois de ce danger, et ma conviction qu’il n’est pas un si grand danger après tout, et que les parents de la classe cultivée sont compétents pour s’en occuper, et sont précisément les seules personnes qui peuvent l’affronter.

L’esprit et la matière sont régis par la loi de façon égale. – Quant à cette morale supérieure de certains non-croyants, en supposant que nous l’accordions, à quoi correspond-elle ? Simplement à ceci, que l’univers de l’esprit, comme l’univers de la matière, est gouverné par des lois non écrites de Dieu ; que l’enfant ne peut pas faire des bulles de savon ou avoir des pensées volages autrement qu’en obéissant aux lois divines ; que toute sécurité, tout progrès et tout succès dans la vie proviennent de l’obéissance à la loi, aux lois de la science mentale, morale ou physique, ou de cette science spirituelle que la Bible expose ; qu’il est possible d’établir des lois et de les respecter sans reconnaître le Législateur, et que ceux qui vérifient et respectent toute loi divine héritent de la bénédiction due à l’obéissance, quelle que soit leur attitude à l’égard du Législateur ; tout comme l’homme qui sort sous un soleil de plomb est réchauffé, même s’il ferme les yeux et refuse de voir le soleil. Inversement, ceux qui ne se donnent pas la peine d’étudier les principes qui régissent l’action et la pensée humaines ratent les bénédictions qu’entraine l’obéissance à certaines lois, bien qu’ils puissent hériter des meilleures bénédictions qui découlent d’une relation reconnue avec le Législateur.

L’antagonisme à la loi montré par certaines personnes religieuses. – Ces dernières bénédictions sont si indiciblement satisfaisantes, que bien souvent le croyant qui en jouit n’en veut plus. Il ouvre la bouche et aspire de l’air pour le plaisir qu’il a dans la loi, il est vrai ; mais c’est seulement la loi de la vie spirituelle. Concernant les autres lois de Dieu qui régissent l’univers, il adopte parfois une attitude d’antagonisme, presque de résistance, digne d’un infidèle. Il ne lui importe pas de savoir qu’il est terriblement et merveilleusement fait ; il ne se soucie pas de savoir comment le cerveau, ni comment l’essence plus subtile que nous appelons esprit évolue et se développe en obéissant à des lois. Il y a des esprits pieux pour qui le désir d’examiner ces choses a un goût d’incrédulité, comme si c’était déshonorer le Tout-Puissant que de s’apercevoir qu’il accomplit Ses œuvres glorieuses au moyen de lois glorieuses. Ils n’acceptent aucune loi, sauf les lois du royaume de la grâce. Pendant ce temps, le non-croyant, qui n’attend aucune aide surnaturelle, s’efforce de découvrir et de se conformer à toutes les lois qui régissent la vie naturelle – physique, mentale, morale ; toutes les lois de Dieu, en fait, à l’exception de celles de la vie spirituelle que le croyant s’approprie comme son héritage particulier. Mais ces lois qui sont laissées à Ésaü sont aussi des lois de Dieu, et leur observation est accompagnée de telles bénédictions, que les enfants des croyants disent : « Comment se fait-il que ceux qui ne reconnaissent pas la Loi comme étant de Dieu soient meilleurs que nous qui la reconnaissons ? »

Les parents doivent se familiariser avec les principes de la physiologie et de la science morale. – Or, les parents croyants n’ont pas le droit de laisser à leurs enfants cette difficulté cruciale. Ils n’ont pas le droit, par exemple, de prier pour que leurs enfants deviennent sincères, diligents, droits et en même temps de négliger de se familiariser avec les principes de la science morale dont l’observation les guidera vers la vérité, la diligence et la droiture de caractère. Car telle est aussi la loi de Dieu. Observez, non pas dans la connaissance de Dieu, la chose qui vaut le plus la peine d’être vécue : aucune science mentale, ni aucune science morale, ne s’engage à révéler cela. Ce que je soutiens, c’est que ces sciences ont leur rôle à jouer dans l’éducation de la race humaine, et que le parent ne peut les ignorer impunément. Mon effort, dans ce volume et dans les suivants de la série, sera d’esquisser grossièrement une méthode d’éducation qui, reposant sur une base de loi naturelle, peut sembler, sans présomption, hériter de la bénédiction Divine. Toute esquisse que je peux offrir dans ce court accomplissement doit être très imparfaite et très incomplète ; mais une suggestion ici et là peut suffire à mettre des parents intelligents sur des lignes de pensée profitables en ce qui concerne l’éducation de leurs enfants.

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PARTIE II
La vie en plein air pour les enfants

1. Le temps de la pleine croissance

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2. Visites et excursions

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3. « Peindre une image »

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4. Fleurs et arbres

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5. Les « créatures vivantes »

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6. La connaissance de la nature par son observation directe et par les livres des naturalistes

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7. L’enfant apprend avec tous ses sens

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8. L’enfant doit se familiariser avec les objets naturels

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9. La géographie en extérieur

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10. L’enfant et Mère-Nature

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11. Jeux extérieurs, etc.

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12. Promenades par mauvais temps

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13. Vie de « Peaux rouges »

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14. Les enfants ont besoin de l’air de la campagne

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PARTIE III
« Une habitude vaut dix natures »

1. Une éducation basée sur la loi naturelle

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2. Les enfants n’ont aucun pouvoir d’auto-discipline

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3. Qu’est-ce que la « Nature » ?

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4. L’habitude peut supplanter la « Nature »

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5. Établir des lignes d’habitude

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6. La physiologie de l’habitude

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7. Former une habitude – « Ferme la porte derrière toi »

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8. Les « habitudes » de l’enfant en bas âge

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9. Les exercices physiques

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PARTIE IV
Quelques habitudes d’esprit – Quelques habitudes morales

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1. L’habitude de l’attention

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2. Les habitudes d’application, etc.

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3. L’habitude de réfléchir et de penser

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4. L’habitude d’imaginer

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5. L’habitude de se souvenir

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6. L’habitude d’une exécution parfaite

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7. Quelques habitudes morales – L’obéissance

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8. L’honnêteté

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PARTIE V
Les leçons comme instruments d’éducation

1. Le sujet et la méthode des leçons

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2. Le jardin d’enfants comme lieu d’éducation

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3. Réflexion supplémentaire sur le jardin d’enfants

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4. La lecture

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5. La première leçon de lecture

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6. La lecture par la vue et le son

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7. La récitation

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8. La lecture pour les enfants plus âgés

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9. L’art de la narration

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10. L’écriture

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11. La transcription

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12. L’orthographe et la dictée

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13. La composition

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14. Les leçons bibliques

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15. L’arithmétique

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16. La philosophie naturelle

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17. La géographie

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18. L’histoire

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19. La grammaire

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20. Le français

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21. L’art pictural

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PARTIE VI
La Volonté – La Conscience – La vie Divine chez l’enfant

1. La volonté

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2. La conscience

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3. La vie divine chez l’enfant

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APPENDICES

Appendice A

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Appendice B

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Appendice C

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Appendice D

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